Affaire Novartis en Grèce: poursuites contre la procureure anticorruption

AWP

1 minutes de lecture

A la suite d’une enquête de la Cour suprême, Eleni Touloupaki est poursuivie pour «abus de pouvoir», «fausses déclarations», «violation de la loi des données personnelles» et du «secret judiciaire».

Des poursuites pénales ont été ouvertes jeudi contre la procureure chargée des affaires anticorruption en Grèce pour sa gestion de l’affaire des dessous-de-table versés à des responsables grecs par le groupe pharmaceutique suisse Novartis.

A la suite d’une enquête de la Cour suprême, la procureure Eleni Touloupaki est poursuivie pour «abus de pouvoir», «fausses déclarations», «violation de la loi des données personnelles» et du «secret judiciaire», selon une source judiciaire.

A la tête du pôle anticorruption depuis 2017, Eleni Touloupaki est en charge de l’enquête sur l’affaire Novartis, qui empoisonne la vie politique du pays. Elle est accusée par ses détracteurs d’avoir «exposé» des hommes politiques en les impliquant dans cette affaire.

En juin, la filiale grecque de Novartis avait admis avoir versé, entre 2012 et 2015, des pots-de-vin à des employés d’hôpitaux publics du pays pour augmenter ses ventes de produits pharmaceutiques, selon un communiqué du procureur fédéral du New Jersey, aux Etats-Unis, d’où l’enquête pour corruption est partie.

Novartis a avoué aussi que des médecins avaient été rémunérés entre 2009 et 2010 pour participer à une étude épidémiologique, alors qu’il s’agissait en fait de les pousser à prescrire davantage de ses médicaments.

Des pratiques qui aurait permis à Novartis d’acquérir une position privilégiée sur le marché grec et de faire gonfler les prix, alors même que la Grèce traversait une grave crise financière. Selon l’enquête menée par la justice grecque, ces pratiques ont coûté quelque 3 milliards d’euros à l’État.

L’affaire avait été révélée sous l’ancien gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras et a mis en cause outre plus d’une centaine de médecins et une trentaine de hauts fonctionnaires, une dizaine d’hommes politiques des précédents gouvernements de droite Nouvelle-Démocratie et socialistes Kinal.

Ces deux partis accusent la gauche Syriza de «complot» pour leur nuire.

Parmi les politiques mis en cause, seul l’ancien ministre socialiste de la Santé Andreas Loverdos (2010-2012) est jusqu’ici poursuivi pour corruption dans ce dossier.

L’enquête se poursuit concernant l’actuel ministre du Développement Adonis Georgiadis (et ancien ministre de la Santé) et l’ex-commissaire européen et ancien ministre de la Santé Dimitris Avramopoulos.

A lire aussi...