Les cours du pétrole ont nettement augmenté jeudi avec la crainte d’un nouveau tarissement des exportations en provenance du Moyen-Orient face à la multiplication des incidents, le marché s’inquiétant aussi de la possibilité de nouvelles frappes américaines en Iran.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, a gagné 4,07% à 104,28 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en novembre, a pris 3,64% à 91,49 dollars.
«Le marché pétrolier réagit, d’une part, à la recrudescence des attaques iraniennes contre le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz», commente auprès de l’AFP Andy Lipow, analyste de Lipow Oil Associates.
L’agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté ces derniers jours plusieurs attaques de pétroliers autour de cette voie maritime stratégique.
L’un de ces navires a été touché par de multiples projectiles mercredi au large du Qatar et a fait état de plusieurs victimes. Un autre a rebroussé chemin lundi à l’entrée du détroit après avoir reçu des menaces iraniennes.
«Les données de plusieurs services de suivi indiquent d’une possible baisse du trafic» dans la zone, relève Andy Lipow.
Selon lui, le marché s’inquiète d’autre part de la posture de la Maison Blanche.
Des informations de presse ont évoqué la possibilité de nouvelles frappes américaines en Iran avant les élections législatives de novembre.
«Nous n’attaquerons l’Iran à aucun moment avant les élections de mi-mandat», a réagi Donald Trump sur son réseau Truth Social.
«Le marché interprète désormais la situation comme s’il allait frapper après» le scrutin, relève M. Lipow, ce qui explique que le message du chef de l’Etat n’a pas permis de calmer les cours.
«Nous avons des discussions productives avec la République islamique d’Iran», a aussi affirmé le président américain, sans donner de détails.
S’ajoutent à ces incertitudes les perturbations liées à la tempête tropicale Isaias, qui s’est formée mercredi dans le golfe du Mexique et est devenue jeudi le premier ouragan de la saison dans l’Atlantique.
L’ouragan menace une zone importante pour l’extraction et le raffinage du pétrole. Selon les informations d’Andy Lipow, les équipements déjà mis à l’arrêt représentent près de 1,3 million de barils par jour de production pétrolière.
«Nous avons déjà connu cela, mais nous allons perdre une partie supplémentaire de production et raffinage au moment où le monde souhaite en voir davantage, et non moins», résume l’analyste.