Les cours du pétrole hésitent lundi, sur fond d’incertitudes persistantes au Moyen-Orient où Téhéran durcit le ton face à Washington concernant la réouverture du détroit d’Ormuz, tandis que les Bourses asiatiques ont grimpé dans le sillage de Wall Street.
Vers 06h30 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain cédait 0,22% à 78,01 dollars. Celui du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, était stable à 83,50 dollars.
Tous deux ont effacé leurs gains en fin d’échanges asiatiques après avoir grimpé une grande partie de la séance.
Le détroit d’Ormuz restera verrouillé tant que Washington n’acceptera pas «toutes» les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche les Gardiens de la Révolution, éloignant l’espoir d’un règlement rapide du conflit.
Ce passage stratégique, par où transitait avant la guerre un cinquième du brut mondial, reste verrouillé par l’Iran depuis la reprise des hostilités entre les deux pays en juillet.
«Des informations circulaient la semaine dernière quant à un accord imminent entre les États-Unis et l’Iran sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, mais aucun accord n’a été conclu: des divergences importantes subsistent entre les positions des deux parties, ce qui focalisera l’attention cette semaine», notent les experts de Monex Securities.
«Tant que nous ne verrons pas les flux réels se normaliser» à travers le détroit, «je pense que le risque géopolitique soutiendra les cours du brut», abonde Haris Khurshid, de Karobaar Capital LP, cité par Bloomberg.
Bourses solides après l’emploi américain
Les places boursières asiatiques ont progressé dans le sillage de Wall Street, après la publication de chiffres de l’emploi moins bons qu’attendu aux Etats-Unis... qui éloignent la perspective d’un resserrement monétaire de la Réserve fédérale (Fed).
A Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé en hausse de 2,07% à 66.970,22 points, et l’indice élargi Topix de 0,63% à 4.100,61 points.
A Séoul, l’indice phare Kospi a terminé en progression de 0,65%, la Bourse de Taipei a pris 1,59%. Seul Sydney (-0,33%) a évolué à contre-courant. Et vers 06h30 GMT, l’indice hongkongais Hang Seng gagnait 0,73%.
«Aux États-Unis, des chiffres de l’emploi décevants ont tempéré les anticipations d’une hausse des taux d’intérêt, favorisant ainsi la progression des indices (de Wall Street)», rappelle Monex Securities.
D’une part, «le taux de chômage s’est révélé inférieur aux prévisions, suggérant que ce recul de l’emploi ne présage pas nécessairement une récession, ce facteur a probablement contribué à la réaction positive des marchés», ajoute le courtier.
Mais surtout, «les mauvaises nouvelles ont été perçues comme de bonnes nouvelles. Les créations d’emplois ont affiché un solde négatif de 23.000 en juillet», davantage qu’attendu, mais cela a permis d’abaisser les chances d’un relèvement des taux de la Fed, insiste Stephen Innes, de SPI Asset Management.
Pour autant, quelques ombres persistent au tableau.
Notamment les cours de l’énergie qui remontent, à mesure que l’impasse persiste au Moyen-Orient. «Pour l’heure, les Bourses semblent prêtes à considérer la hausse du brut comme une taxe géopolitique gérable, surtout après le net recul des cours la semaine précédente. Cependant, une nouvelle hausse significative finirait par peser sur les anticipations d’inflation et sur les rendements à long terme», prévient M. Innes.
Et les investisseurs surveilleront mercredi la publication de l’indice des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis, car «la marge de manoeuvre de la Fed ne perdurera que si l’inflation évolue dans le sens souhaité» en ne montant pas excessivement, note l’analyste.
Sur le marché des changes, la monnaie japonaise reculait de 0,4% vers 06H30 GMT, à 158,43 yens pour un dollar, dix jours après une intervention conjointe des Etats-Unis et du Japon pour doper sa valeur.
Elle faisait face à un sursaut du dollar, qui avait reculé vendredi après la mauvaise surprise sur l’emploi américain.