Les valeurs bancaires françaises secouées par l’agitation politique; la réaction du marché semble exagérée

Johann Scholtz, Morningstar

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Nous estimons que les actions de la BNP sont sous-évaluées, que celles de la Société Générale sont assez bien évaluées et que celles du Crédit Agricole sont surévaluées.

Les actions de BNP Paribas BNP, Crédit Agricole ACA et Société Générale GLE ont plongé de 8 à 10% le 26 août, alors qu’une nouvelle instabilité politique s’est emparée de la France. L’écart entre les obligations françaises à 10 ans et les bunds allemands a grimpé de 14 points de base pour atteindre 82 points de base - tout près de ses sommets de novembre 2024.

Pourquoi c’est important: l’élargissement des écarts de taux souverains menace de comprimer les marges d’intérêt nettes et pourrait obliger les banques françaises à réduire la valeur de leurs avoirs obligataires. Un effondrement du gouvernement pourrait ouvrir la voie aux partis populistes, aggravant l’instabilité et menaçant les perspectives de croissance déjà anémiques de la France.

  • Si les spreads des obligations françaises restent larges, cela augmentera les coûts de financement à long terme pour les banques, car les dettes arrivant à échéance sont refinancées à des rendements plus élevés. L’impact a été limité jusqu’à présent, car les prix de financement à court terme des banques sont basés sur les taux du marché monétaire de la zone euro et reflètent un risque de crédit souverain limité.
  • Le financement de gros est une source de financement plus importante pour les banques françaises que pour la plupart de leurs homologues européennes.

Conclusion: nous estimons que la réaction du marché est exagérée. Les banques françaises sont bien diversifiées sur le plan géographique et les écarts devront rester larges plus longtemps avant de commencer à se ressentir. Nous estimons que la BNP est sous-évaluée, que la Société Générale est assez bien évaluée et que le Crédit Agricole est surévalué.

  • La France ne représentait que 26% des revenus de la BNP en 2024, tandis que la Société Générale et le Crédit Agricole étaient plus exposés, avec respectivement 41% et 47%, ce qui reste moins concentré sur son marché national que beaucoup d’autres banques européennes.

Entre les lignes: l’expérience des banques italiennes montre qu’elles peuvent survivre et même prospérer malgré les troubles politiques et l’élargissement des écarts de taux souverains. L’écart entre les obligations d’État italiennes et les bunds a atteint 250 points de base en 2022, dans le contexte des inquiétudes suscitées par l’élection au pouvoir de la coalition populiste de Giorgia Meloni.

  • Les banques italiennes ont enregistré des performances exceptionnelles par la suite; il convient toutefois de noter qu’elles ont largement bénéficié de la hausse des taux d’intérêt.

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