Les banques italiennes aux mains du gouvernement

Morningstar Analysts 

1 minutes de lecture

Au-delà des questions sur l’équilibre financier de l’Italie, les annonces du gouvernement font craindre une augmentation des créances douteuses.

«Nous n’avons pas peur des marchés, nous n’avons pas peur du spread» a déclaré le sénateur du mouvement italien 5 Etoiles Stefano Patuelli. Le rendement des obligations souveraines italiennes a pris 30 points de base à 3,2% et le cours des principales banques italiennes a chuté de 8%. Les gouvernements qui suivront seront obligés de réduire les dépenses publiques.

En mai, nous avions souligné combien la victoire de la coalition 5 Etoiles/La Ligue représentait un risque pour le secteur bancaire italien. Hier, le gouvernement de coalition a présenté un budget avec un déficit de 2,4% au cours des trois prochaines années. Il respecte la limite de 3% imposée par le traité de Maastricht et demandée par la BCE, mais le marché avait besoin d’un signal d’une plus grande modération des dépenses publiques.

Nous ne sommes pas non plus bien sûr des prévisions de croissance intégrées dans le budget italien. Or ce budget contient certaines des mesures les plus controversées du programme de coalition: abaissement de l’âge de départ à la retraite, revenu universel et diminution des impôts. Ce budget représente une défaite évidente pour les membres les plus centristes du gouvernement qui avaient défendu un budget plus en phase avec les attentes de la BCE.

Les banques italiennes devront augmenter leurs taux de prêt aux entreprises.

La formation de nouvelles créances douteuses (NPL ou «Non Performing Loans») constitue la menace principale pour le secteur. Nous pensons que les banques italiennes devront augmenter leurs taux de prêt aux entreprises.

Notre principale crainte a toujours été une augmentation des créances douteuses. Au cours des 2 ou 3 années passées, un environnement économique bénin avait permis aux banques italiennes, en particulier Intesa et Unicredit, de déboucler et de se débarrasser d’une part significative de leurs portefeuilles de créances douteuses.

Avec une nouvelle augmentation de ces dernières, la capacité des banques italiennes à absorber de futures pertes requiert au contraire que le montant de ces créances déjà au bilan des banques diminue. Le risque est que le marché secondaire de ces créances devienne moins liquide.

A ce stade, nous maintenons néanmoins notre estimation de juste valeur et de rempart concurrentiel pour Intesa, Unicredit et Mediobanca.