Les cours du pétrole remontent un peu mercredi, après être nettement tombés la veille, le marché attendant davantage de précisions sur la réponse formelle des États-Unis à l’offre pour mettre fin à la guerre de l’Iran et observant encore les flux en provenance du Moyen-Orient.
Vers 10h30 GMT (12h30 HEC), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, dont c’est le dernier jour de cotation, prenait 0,82% à 103,43 dollars.
Celui pour décembre évolue vers les 97 dollars, ce qui signifie que jeudi le baril de Brent de référence pourrait mécaniquement repasser «sous le seuil psychologique des 100 dollars», a souligné Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en novembre, gagnait 1,07% à 90,34 dollars.
«Aucun accord entre les Etats-Unis et l’Iran n’est imminent», a relevé Tamas Varga, analyste chez PVM.
L’Iran n’a pas précisé le contenu de la réponse américaine, mais Téhéran exige la cessation des hostilités sur tous les fronts au Moyen-Orient - y compris au Liban, où Israël affronte le Hezbollah pro-iranien; le dégel de ses avoirs détenus à l’étranger ; la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi que la fin du blocus américain.
Or, le président américain Donald Trump a rejeté samedi cette proposition devant la presse.
Sans accord, «des attaques réciproques pourraient reprendre à tout moment» et faire rebondir les prix du brut, a estimé M. Varga.
Même si la plateforme de suivi de matières premières Kpler montre que davantage de pétrole sort du Moyen-Orient, la situation dans le détroit d’Ormuz reste loin d’être normale.
Trois navires ont été attaqués mardi dans ce détroit, a rapporté mercredi l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
Les carburants, comme le gazole et l’essence, «restent le principal goulet d’étranglement sur le marché pétrolier», a affirmé M. Rasmussen.
Le doute subsiste aussi sur la possibilité d’une interdiction des exportations américaines de gazole, qui ferait bondir les prix de ce carburant en dehors des Etats-Unis.
A l’approche des élections législatives de mi-mandat aux États-Unis, pour Donald Trump, «il pourrait être très tentant d’instaurer une interdiction pour faire temporairement baisser les prix élevés et impopulaires du diesel», a jugé M. Rasmussen.