Les cours du pétrole baissent jeudi au lendemain de la signature du protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran dans lequel Téhéran s’engage à rouvrir immédiatement le détroit d’Ormuz.
Vers 09H30 GMT (11H30 HEC), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, perdait 2,06% à 77,91 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, tombait de 2,63% à 74,77 dollars.
Avec cet accord, les Etats-Unis, l’Iran et leurs alliés respectifs «déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban».
Et l’Iran et les Etats-Unis «s’engagent à négocier et à conclure l’accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d’un commun accord».
Mais surtout pour le marché pétrolier, l’Iran s’engage à «assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d’Oman, et inversement».
Le trafic des navires «commerciaux commencera immédiatement», précise l’accord et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d’Ormuz déminé.
«Cela laisse entrevoir la possibilité d’un regain de pression baissière sur les prix du pétrole dans les prochains jours, à mesure que davantage de pétroliers traverseront le détroit d’Ormuz», affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
«Le dernier rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) renforce le sentiment baissier», expliquent les analystes d’ING.
L’AIE s’attend désormais à ce que la demande mondiale de pétrole baisse de 1,1 million de barils par jour (mb/j) en 2026.
Et pour l’année prochaine, l’AIE prévoit une hausse «modeste» de la demande (de 2 mb/j), mais un gros rebond de l’offre (+8 mb/j).
«Il subsiste de l’incertitude quant à la rapidité avec laquelle les flux peuvent se normaliser» au Moyen-Orient, à cause de défis logistiques, préviennent néanmoins les analystes d’ING.
Les pays importateurs de pétrole chercheront aussi à reconstituer leurs réserves.
Les prix du pétrole ne devraient donc pas redescendre tout de suite entre 60 et 70 dollars comme avant la guerre, mais «nous verrons peut-être le Brent tester les 75 dollars», estime M. Rasmussen.