Infracore a fait jeudi son entrée à la Bourse suisse. La société immobilière hospitalière entend se développer principalement dans le secteur des hôpitaux publics de taille moyenne.
Infracore a mis en circulation 3,7 millions de nouvelles actions, émises pour l’occasion, ainsi que 0,51 million d’actions nominatives existantes, selon un communiqué de l’opérateur de la Bourse SIX.
De plus, une option de surallocation portant sur jusqu’à 0,42 million d’actions nominatives existantes a été mise à disposition. En incluant l’option de surallocation, le volume total du placement s’élève à environ 250 millions. Infracore lèvera ainsi un produit brut d’environ 200 millions.
Sur la base d’un prix fixe de 54 francs par titre, Infracore se calcule une valorisation boursière de 826 millions de francs, pour environ 15,23 millions d’actions en circulation. Vers 16h00 jeudi le cours avait reculé à 53,69 francs.
«Une vision à long terme»
«Nous avons une vision à long terme et un modèle économique résilient», a déclaré le directeur général (CEO) Eric Frey lors d’un entretien avec l’agence de presse AWP.
Selon lui, l’introduction en Bourse (IPO) vise avant tout à accroître la visibilité, à permettre la croissance et à ancrer davantage en Suisse le modèle économique de cette entreprise gérant 47 biens immobiliers pour une valeur de portefeuille d’environ 1,4 milliard. Infracore a ainsi l’intention d’utiliser la majorité des produits de l’IPO pour financer à court terme un pipeline de cessions-bails et pour rembourser des prêts d’actionnaires.
Dans le cadre du modèle de cession-bail, la société acquiert des biens immobiliers hospitaliers auprès de l’exploitant et les lui loue à long terme. Ces modèles sont encore peu répandus en Suisse, a relevé le directeur financier (CFO) Nicolas Schmid. Dans d’autres pays, en revanche, ils sont plus fréquents. Pour les hôpitaux, l’avantage réside dans le fait qu’ils peuvent ainsi se concentrer davantage sur leur coeur de métier.
Infracore voit le plus grand potentiel dans le secteur public. Sur le plan régional, M. Frey a notamment cité Berne, le Jura bernois et la Suisse alémanique. Au Tessin et en Suisse romande, l’entreprise est déjà bien positionnée.
M. Frey a souligné que les exploitants d’hôpitaux étaient avant tout des prestataires de soins de santé et non des sociétés immobilières. Il estime que la vente des biens immobiliers leur permettra de générer des liquidités, d’alléger leur bilan et de dégager des fonds pour des investissements, comme dans l’informatique, les blocs opératoires ou le fonctionnement médical.
Un flottant plus aussi important
Copropriété de la société de participation Aevis et de la représentation helvétique de l’américain Medical Properties Trust (MPT), le nouvel arrivant sur SIX présente un capital flottant moins important qu’initialement prévu. MPT Switzerland avait en effet libéré moins de titres qu’anticipé et prévoit de conserver une quasi-majorité des voix, avec 49,9%, contre 70% actuellement. Aevis doit de son côté toujours voir sa participation baisser à 22,6%, contre 30%, du simple fait de la dilution induite par l’augmentation de capital. Le niveau du flottant s’élèvera ainsi à 27,5%, au lieu des 32,1% annoncés fin juin.