Gonet: l'actualité des marchés au 8 juillet

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,25%, S&P 500 -0,45%, Nasdaq -1,16%, Russell -0,90%, SOX -4,65%, Eurostoxx -1,22%, SMI +0,41%.

 

C’est le calme plat en apparence à Wall Street, la volatilité du S&P500 (SPX) évolue près de son plancher théorique (VIX), les volumes d’échanges reculent chaque jour un peu plus, il semble manifestement que l’été ait pris ses quartiers Downtown Manhattan. Sous la surface du marché en revanche c’est de plus en plus le bazar, la volatilité des actions individuelles (VIXEQ, j’y reviens) est à son plus haut depuis 2014 (le top du covid mis à part). Au sein du secteur de la tech les turbulences sont intenses, même SpaceX menace de quitter son orbite, rentrée chaotique dans l’atmosphère à partir de 135 dollars?

Le narratif du moment tourne principalement autour du secteur des semi-conducteurs. Hier la géopolitique se rappelle à notre mauvais souvenir après que les États-Unis ont mené des frappes aériennes contre plus de 80 sites en Iran et supprimé une dérogation qui permettait à Téhéran de vendre son pétrole brut sur les marchés internationaux, compromettant davantage les perspectives d’un accord de paix. L’Iran promet de prendre des mesures «décisives» afin de défendre ses intérêts nationaux. Dans la foulée le pétrole rebondit assez nettement, le baril de WTI Light Crude remonte à 72,44 dollars contre 69 dollars un peu plus tôt dans la journée. Il n’en faut pas plus pour réveiller le marché obligataire, qui était en train de digérer une émission de 25 milliards de dollars en huit tranches par Amazon. La courbe des taux US s’adapte à un retour des craintes d’inflation par le biais de l’énergie, le 2 ans US remonte à 4,18%, le 10 ans à 4,55% et le 30 ans à 5,06%. Le dollar s’en trouve ragaillardi, qui remonte à 1,1426 contre euro et s’approche de plus en plus de sa zone de résistance à 1,1411 – 1,1400. Malgré la hausse des rendements obligataires et la force du billet vert l’or parvient à grappiller quelques dollars, l’once cote ce matin 4120 dollars ce qui illustre un certain retour de l’aversion au risque dans les salles de marchés.

Le podium du jour du SPX se compose de l’énergie, de la santé et de l’immobilier, la tech se morfondant en queue de peloton. Le breadth est positif sur le SPX, négatif sur le NDX, qui clôture à 29'173 points soit un peu moins de 100 points sous sa moyenne mobile à 50 jours, ce n’est pas anecdotique, l’indice phare de la tech US la teste depuis le 24 juin, affaiblissement technique réel hier soir donc, ce d’autant que le NDX a un gap à combler à 28'065 pts, ouvert le 6 mai. Au sein même de la tech la grande rotation suit son cours, on sort des semi-conducteurs pour revenir notamment dans les 7 magnifiques depuis le 22 juin, l’indice SOX casse lui aussi sa 50 jours à la cloche, il a désormais corrigé de 16% depuis le 22 juin, n’est pas du tout survendu et voit son prochain support à 11'763 pts contre une clôture hier soir à 12'300 pts. Ce niveau de support correspond à 38,2% de retracement Fibonnacci de la hausse de 7084 pts à 14'655 pts, entamée le 31 mars. Le SOX est encore en progression de 74% depuis le premier janvier malgré sa récente correction, c’est dire s’il lui reste de la place…

Le marché présente actuellement une configuration aussi inhabituelle que fragile. Le VIX, qui mesure la volatilité du SPX, reste très bas et donne une impression de calme trompeuse, alors que la volatilité des actions individuelles est extrêmement élevée. Cela se traduit par une dispersion proche de niveaux records: certaines valeurs, surtout liées à l’IA, s’envolent tandis que d’autres stagnent ou baissent fortement. Ces mouvements opposés se compensent dans l’indice, qui peut donc rester relativement stable malgré une forte agitation sous la surface. Cette situation est alimentée par une ruée sur les options d’achat, avec très peu de demande de protection à la baisse. Elle augmente le risque de gamma squeeze. En clair les market makers ayant vendu des calls peuvent être forcés d’acheter encore davantage d’actions à mesure que les cours montent (car le risque qu’ils doivent les livrer augmente), ce qui amplifie artificiellement la hausse. Mais une fois ces achats de couverture terminés, le marché peut se retourner brutalement, même sans choc macroéconomique. En clair, la hausse peut encore se poursuivre à court terme, mais elle repose sur des bases instables: un VIX calme masque une forte dispersion, une spéculation intense sur quelques valeurs et un risque accru de mouvement violent dans les deux sens. L’indice VIXEQ, qui mesure la volatilité implicite des actions individuelles du SPX, atteint actuellement 48,66, son plus haut niveau depuis 2014, hors pic exceptionnel de 61,15 enregistré pendant la crise du Covid.

En une phrase: le VIXEQ mesure la nervosité sous le capot du SPX, tandis que le VIX mesure la nervosité de la voiture entière.

On garde aussi un œil attentif sur le KOSPI, le principal indice boursier sud-coréen, qui perd encore 5,35% aujourd’hui, la pression autour de Samsung Electronics et SK Hynix ne faiblit pas, ces deux firmes représentent environ 50% de l’indice et sont concurrentes directes de Micron.

Les investisseurs surveilleront aujourd’hui plusieurs rendez-vous importants: une intervention du président de la BNS, Martin Schlegel, susceptible d’influencer le franc suisse, plusieurs prises de parole de responsables de la BCE, la publication des minutes de la réunion de juin de la Fed, particulièrement attendue pour évaluer la trajectoire des taux américains et ses effets sur le dollar et l’or, ainsi que l’inflation de juin en Suède, importante pour la couronne suédoise. En parallèle, la situation au Moyen Orient, notamment dans le détroit d’Ormuz, reste un facteur majeur de risque, avec de possibles répercussions sur les prix du pétrole et, par ricochet, sur l’inflation.

L’Oréal sécurise auprès de Kering les droits exclusifs pour une durée de 50 ans sur les parfums et produits de beauté de la marque Gucci, après l’arrêt anticipé de l’accord liant cette activité à Coty. Par ailleurs, Bruxelles donne son feu vert à l’acquisition de Beazley par Zurich Insurance. OpenAI prévoit de rendre accessible au public dès jeudi son nouveau modèle d’intelligence artificielle, GPT 5.6. L’opération d’introduction de SK Hynix au Nasdaq suscite une très forte demande, le volume d’ordres dépassant à plusieurs reprises le nombre de titres proposés.

Cette nuit et ce matin en Asie les indices traitent en baisse à part Hong Kong qui progresse de 2,52%. Tokyo perd 2,11% à la cloche, Shanghai recule de 0,49%, Séoul de 5,35% et le Nifty50 abandonne 0,83%. Le future SPX recule de 0,2%, son compère du NDX rend 0,4%, l’Europe recule de 0,9% dans les premiers échanges.

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