Le genre du capital - Comment la famille reproduit les inégalités

Présélection prix Turgot

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Céline Bessière et Sibylle Gollac, Editions La Découverte.

Céline Bessière est professeure à l’université Paris-Dauphine. Sibylle Gollac est chercheuse au CNRS. Elles ont toutes les deux participé au Collectif Onze, qui a publié Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales (Odile Jacob (2013)

L'avis du Club de présélection du prix Turgot
Florence Anglès

Le capital a-t-il un genre? En France, la différence de capital entre les hommes et les femmes ne cesse de se creuser, passant de 9% en 1998 à 16% en 2015. L’inégalité patrimoniale souvent déclinée entre les classes sociales a également un genre.

Ainsi, les femmes vont être défavorisées tout au long de leur vie dans la transmission du capital. Cela débute dans la famille, où le «fils préféré», l’ainé en général, est souvent jugé plus capable de gérer l’entreprise familiale ou les biens immobiliers au détriment de sa sœur. Cela se perpétue ensuite au sein du couple, la femme travaille plus que son mari, prenant sur elle une grande partie de la charge domestique non rémunérée. Ce travail invisible n’est pas pris en compte jusqu’à présent dans les grands agrégats statistiques de la comptabilité nationale. Enfin, lorsque le couple se sépare ou divorce, la femme est pénalisée dans les conditions de négociation des pensions alimentaires.    

Un livre clair et instructif, fruit du travail de 20 années de recherche, qui met en lumière un sujet peu documenté, qui pourtant mérite l’attention dans le cadre du débat et de la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.