La banque Julius Baer rebondit après six mois, objectifs confirmés

AWP

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Entre janvier et juin, le produit d'exploitation a accéléré de 26% à 2,28 milliards de francs, alors que les dépenses ont augmenté de 2% à 1,46 milliard.

Le gestionnaire de fortune Julius Baer a vu sa rentabilité s’envoler sur les six premiers mois de l’année, profitant d’une base de comparaison favorable après un important correctif de valeur qui avait pesé sur les résultats l’exercice précédent. Les analystes sont restés sur leur faim quant à l’avancée de l’enquête du régulateur Finma sur la débâcle de l’entreprise autrichienne Signa.

Entre janvier et juin, le produit d’exploitation a accéléré de 26% à 2,28 milliards de francs, porté notamment par le solide résultat des opérations de commissions et services et des activités d’intérêt, selon un communiqué publié mardi.

Les dépenses ont parallèlement augmenté de 2% à 1,46 milliard, notamment en raison d’une accélération des frais en personnels (+4%) alors que les frais généraux sont restés stables. Le rapport ajusté entre les coûts et les revenus - hors éléments exceptionnels - a tout de même reculé à 62,6%, après 72,8% un an plus tôt.

Côté rentabilité, le bénéfice net selon la norme comptable IFRS a quant à lui bondi de 128,1% à 672,6 millions.

Ce rebond s’explique essentiellement par les charges exceptionnelles subies au premier semestre 2025. La banque avait alors inscrit un correctif de valeur de 130 millions de francs, conséquence de défauts sur crédits privés et des positions sur des prêts hypothécaires. La vente de l’activité au Brésil avait également pesé à hauteur de 99 millions sur le profit net.

Signe d’une normalisation, les pertes sur crédit ont reculé à 23 millions de francs pendant la période en cours.

Fin juin, Julius Baer gérait des avoirs (AuM) à hauteur de 546,7 milliards, en hausse de 5%, notamment grâce à des afflux d’argent nouveau de 5,7 milliards, après 7,9 milliards de francs au premier semestre 2025. L’Europe de l’ouest et notamment la Suisse ont participé à ces entrées d’argent. La solide performance des marchés et des effets de changes positifs ont également contribué à la progression des AuM.

Ces chiffres clés sont dans l’ensemble supérieurs aux prévisions des analystes interrogés par l’agence AWP.

Les afflux de liquidités surveillés de près

La progression des résultats «s’explique par une activité nettement accrue de la clientèle, un niveau record des actifs sous gestion, des entrées nettes de capitaux soutenues ainsi qu’une nouvelle amélioration du levier opérationnel», a énuméré le directeur général Stefan Bollinger. Selon le patron, ces résultats «marquent un bon départ pour notre nouveau cycle stratégique sur trois ans».

La banque a confirmé ses objectifs. Elle vise une croissance des afflux d’argent nouveau en hausse «graduelle» de 4% à 5% d’ici 2028, après une croissance annualisée de 2,2% au premier semestre.

Le rapport entre les coûts et les revenus, un indicateur clé de rentabilité dans le secteur, doit passer sous 67% et le rendement ajusté des fonds propres durs (RoceCET1) doit quant à lui être supérieur à 30%, contre 42% sur les six premiers mois de 2026.

Des économies brutes de 130 millions sont aussi toujours prévues d’ici 2028.

Les analystes d’Octavian ont pointé du doigt les afflux d’argent. La direction table en effet sur une croissance de 2,5% à 2,8% cette année, ce qui «augmente la pression» sur la banque en seconde partie d’année pour atteindre cet objectif. Au deuxième semestre, Julius Baer devrait ainsi inscrire une croissance annualisée des afflux de liquidités de 3% à 3,4% pour atteindre cet but, ont-ils calculé.

Les analystes ont également déploré l’absence de nouvelle sur l’avancée de l’enquête de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) concernant la débâcle liée aux crédits accordés au groupe autrichien Signa, désormais en faillite, et les importants amortissements qu’avait alors subi le groupe bancaire.

Lors d’une conférence téléphonique mardi, le directeur général Stefan Bollinger n’a pas été en mesure de donner des nouvelles sur ce dossier, indiquant que c’était la Finma qui contrôlait le déroulé de l’enquête. La banque demeure dans un «dialogue constructif» avec la Finma, a ajouté le patron.

L’enquête en cours de la Finma n’a également pas encore permis à Julius Baer de déposer devant le gendarme des marchés financiers une requête pour un nouveau programme de rachats d’actions, a souligné M. Bollinger.

A la bourse, l’action Julius Baer a terminé en recul de 3,96% à 70,80 francs, dans un SLI en hausse de 0,13%.

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