Le groupe bancaire français BPCE a vu son bénéfice net bondir de 38% au deuxième trimestre, à 1,3 milliard d’euros (à peine moins en francs au cours du jour), et enregistre des revenus record, portés par ses réseaux de banque de détail en France et au Portugal.
Le produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d’affaires pour le secteur, est en hausse de 13% à 7,2 milliards, d’avril à juin, un chiffre «record», a déclaré à l’AFP le président du directoire Nicolas Namias.
Les charges ont dans le même temps connu «une croissance contenue à 4%, ce qui crée «un effet ciseau très positif», assure M. Namias.
La Banque de proximité en France, avec les Caisses d’épargne et les Banques populaires, voit ses revenus progresser également de 13% à 4,3 milliards d’euros au deuxième trimestre, indique le groupe dans un communiqué publié mardi.
Les métiers de l’assurance et de la gestion d’actifs connaissent une hausse de leur PNB de 9% à 1,2 milliard d’avril à juin, avec un bénéfice en hausse de 18% à 452 millions.
Le PNB de la banque de grande clientèle, qui regroupe les métiers dits issus de la banque Natixis, comme la banque de financement et d’investissement, s’élève lui à 1,3 milliard en hausse de 7%, et le bénéfice à 468 millions, en hausse de 12%.
Intégration de novobanco
Le pôle Banque de Proximité en Europe, nouvellement créé, voit son chiffre d’affaire bondir de 121% au deuxième trimestre, atteignent 466 millions, grâce à l’intégration à partir de mai de la banque portugaise novobanco.
BPCE a finalisé le 30 avril l’acquisition pour 6,7 milliards de la banque portugaise, née du sauvetage de la banque Espirito Santo (BES) au mitan des années 2010, dont 25% des parts ont été rachetées à l’État et au Fonds de résolution portugais et dont les 75% restantes étaient détenues par la société américaine de capital-investissement Lone Star Funds.
Ce nouveau pôle regroupe également BPCE Equipment Solutions, en charge du financement de biens d’équipements, et Oney, spécialisé dans les solutions de paiement et de financement pour le commerce.
«L’intégration de Novobanco au 30 avril est évidemment un élément de transformation important qui crée désormais ce deuxième marché domestique en banque de proximité pour le groupe BPCE», a souligné M. Namias.
En 2026, la contribution de novobanco n’est pas «pérenne ou récurrente», car «nous avons également les frais d’intégration, les frais d’acquisition». «Sa pleine contribution récurrente sera comptée en 2027», a-t-il ajouté.
Création et distribution de logements
M. Namias a détaillé le deuxième «mouvement stratégique» opéré par BPCE au deuxième trimestre dans le métier de la filière immobilière.
BPCE, qui déclare avoir une part de marché de près de 28% dans le financement des logements en France, avait créé une filière logement et immobilier l’année dernière.
Il a annoncé ce trimestre la création d’une co-entreprise avec le promoteur Nexity chargée de sélectionner et de distribuer des logements nouvellement construits ou réhabilités.
BPCE a également annoncé être entré en discussions exclusives avec Arkéa, division du Crédit Mutuel basée en Bretagne, en vue de l’acquisition des filiales Izimmo et Liberkeys, spécialisées dans l’immobilier.
«Nous complétons notre dispositif (...) au-delà des enjeux de financement et d’investissement sur lesquels nous sommes déjà très présents» avec ces filiales qui couvrent la création et la distribution de logements, explique M. Namias.
Par ailleurs, le coût du risque - les sommes provisionnées pour faire face aux éventuels impayés sur les crédits accordés - est en augmentation, à 753 millions témoignant d’une «forme de prudence dans la prévision des risques futurs», selon M. Namias.