Banque Cramer a échappé aux poursuites judiciaires dans une affaire de blanchiment d’argent et pots-de-vin brésiliens. Un tribunal tessinois a mis plus de trois ans pour permettre au parquet fédéral d’accéder aux données saisies lors d’une perquisition, oubliant au passage de transmettre une partie de la documentation, selon les informations rapportées par le journal Le Temps citant la plateforme Gotham City.
Sollicitée par l’agence AWP mardi, la banque privée sise à Genève, Zurich et Lugano a déclaré ne pas vouloir commenter ces informations.
«Banque Cramer a bénéficié d’un classement de la part du Ministère public de la Confédération (MPC) qui soupçonnait un défaut d’organisation en lien avec du blanchiment d’argent pour avoir accueilli des pots-de-vin (pour 32,5 millions de dollars) appartenant à six anciens fonctionnaires de Petrobras», a rapporté le journal, détaillant l’ordonnance.
Ce classement, rendu en janvier mais récemment révélé par Gotham City, «n’équivaut pas à un acquittement, le parquet fédéral considérant que les conditions objectives du blanchiment sont réalisées». Il est expliqué qu’aucune indemnité n’a été allouée à la banque pour sa défense, mais qu’en revanche, le MPC prend à sa charge les frais de la procédure.
L’affaire Petrobras, nom de la compagnie pétrolière semi-publique brésilienne, est un cas de corruption de grande ampleur. En août dernier, le MPC avait condamné la banque privée J. Safra Sarasin à une amende de 3,5 millions de francs pour blanchiment d’argent aggravé. En juin de la même année, c’était au tour de Pictet de payer une amende de 2 millions. Ces condamnations étaient liées à l’affaire de corruption internationale nommée «Lava Jato», impliquant Petrobras.