Après deux ans de bras de fer, Commerzbank se résout à discuter avec UniCredit

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«Il faut instaurer entre nos deux groupes un dialogue constructif en vue d’une solution créatrice de valeur pour l’avenir», déclare la CEO de la banque allemande Bettina Orlopp.

Après près de deux ans de bras de fer, la patronne de Commerzbank, Bettina Orlopp, ouvre la voie à des discussions avec UniCredit sur l’avenir de la banque allemande, estimant qu’un «dialogue constructif» s’impose désormais alors que le groupe italien contrôle presque la moitié des droits de vote.

«Au cours des prochaines semaines et des prochains mois, Commerzbank et UniCredit vont mener des discussions afin de définir pas à pas la manière dont nous poursuivrons notre chemin», affirme Mme Orlopp dans un entretien diffusé jeudi sur le site intranet de Commerzbank et obtenu par l’AFP auprès d’une source proche de l’établissement.

Cette volte-face intervient après une âpre confrontation autour de la tentative d’UniCredit de prendre le contrôle de son homologue allemande.

«Il faut instaurer entre nos deux groupes un dialogue constructif en vue d’une solution créatrice de valeur pour l’avenir», poursuit la présidente du directoire, qui pose des conditions préalables aux discussions, à savoir «une compréhension commune du modèle économique et l’implication de toutes les parties prenantes».

Lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre le 23 juillet, le patron d’UniCredit, Andrea Orcel, avait proposé «une rencontre en face-à-face où un grand nombre de malentendus et d’informations trompeuses pourront être dissipés».

Il se montrait aussi menaçant, se disant en mesure, faute d’un accord avec «tous les acteurs concernés», de «convoquer une assemblée générale extraordinaire» pour remplacer les représentants des actionnaires au conseil de surveillance puis, potentiellement, le directoire de la Commerzbank.

Même si UniCredit disposera de la majorité lors de la prochaine assemblée générale, «elle ne pourra pas décider seule des mesures structurelles essentielles», prévient de son côté Mme Orlopp.

Les discussions à venir seront menées «en étroite concertation avec le conseil de surveillance, les représentants des salariés et en dialogue étroit avec le gouvernement fédéral», précise-t-elle.

La patronne de Commerzbank exige d’UniCredit de verser une prime de rachat conséquente par rapport au cours de Bourse, ce qui n’a pas été le cas dans l’offre peu attractive déposée en mai.

Par ailleurs, Mme Orlopp souhaite qu’elle préserve les points forts du modèle économique de la banque, notamment son réseau pour accompagner dans le monde les entreprises allemandes.

Andrea Orcel veut quant à lui recentrer Commerzbank sur l’Allemagne et y supprimer environ 7000 postes équivalents temps plein après une prise de contrôle effective de la banque.

C’est plus du double des 3000 postes que Commerzbank compte supprimer dans le pays en réponse à l’OPA hostile de l’italienne. Au-delà, un accord conclu avec les représentants du personnel garantit la protection de l’emploi jusqu’à fin 2030, ce dont M. Orcel devrait tenir compte.

Merz en retrait

UniCredit est entrée au capital de Commerzbank en septembre 2024 et a depuis porté sa participation à près de 50%, malgré l’opposition répétée de la direction de la banque allemande et du gouvernement à Berlin, l’Etat allemand détenant encore 12% du capital.

A ce jour, la banque transalpine détient physiquement moins de 30% des titres de la cible, le reste provenant d’actions apportées durant l’offre et qui ne seront physiquement transférés qu’une fois le feu vert obtenu de la Banque centrale européenne, ce qui va prendre plusieurs mois.

Ces dernières semaines, les autorités allemandes ont nettement infléchi leur position. Le chancelier Friedrich Merz a déclaré mi-juillet à Berlin que son gouvernement ne voulait «pas empêcher cette fusion» entre les deux banques. En mai, il fustigeait encore «les méthodes hostiles et agressives» d’UniCredit.

Selon Bettina Orlopp, les discussions avec UniCredit s’ouvriront avec une Commerzbank «plus forte que jamais au cours de ses 156 ans d’existence», comme le prouve l’exercice 2025 ponctué par un bénéfice record.

Elle reconnaît aussi que «les derniers mois n’ont pas été faciles» et que «l’incertitude qui demeure quant à l’avenir de la banque reste insatisfaisante».

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