Le climat après la fin du mois

Présélection prix Turgot 2018

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Christian Gollier, Editions Presses Universitaires de France.

Christian Gollier né le 11 juin 1961 à Bruxelles, est un économiste belge. Il est actuellement directeur général de Toulouse School of Economics, qu'il a fondé avec Jean Tirole en 2007. Il a passé une année en 2016 en tant que professeur invité au département d'économie de l'université de Columbia (Wesley Clair Mitchell Visiting Research Professor). En 2018, il devient président-elect de l'EAERE (Association européenne des économistes de l'environnement). Il est le bénéficiaire des distinctions Prix Paul Samuelson (2001) et Prix Erik Kempe (2011).

L'avis du Club de présélection du prix Turgot
Kathleen Wantz O’Rourke

Pouvons-nous gagner la guerre mondiale contre les dérèglements climatiques? 

Dans cet ouvrage, Christian Gollier exprime ses espoirs et ses doutes quant à notre volonté de sortir victorieux de cet affrontement. A commencer par la constatation factuelle que le NOUS en matière de climat n’existe pas. Comment en effet ne pas constater que certains pays ont pris l’option de ne rien faire, de jouer le passager clandestin de la lutte contre le dérèglement climatique et espérer que les autres feront quelques efforts à leurs places! Comment en effet ne pas constater qu’alors même qu’une majorité écrasante des Français a conscience des enjeux et plébiscitent le principe du pollueur-payeur, que la première application de ce principe, la taxe carbone, fait aujourd’hui l’objet d’une violente opposition dans la rue. 
L’opinion publique a été bercée d’une complaisante illusion que la transition écologique pourrait se faire sans modifications des comportements individuels et sans impacts financiers réduisant le pouvoir d’achat. Qui plus est, elle prend conscience que ses efforts ne produiront leurs effets que dans de lointaines décennies et profiteront de fait à des générations qui ne sont pas encore nées.

Une solution qui ne tiendrait pas compte de cette réalité individualiste et de cette absence «d’altruisme du futur» est vouée à l’échec, ou du moins au scénario probable d’une transition énergétique molle et poussive. 

L’auteur nous suggère de ne pas cependant nous extraire de la responsabilité qui nous incombe et promeut une certaine décroissance sélective par la mise en place d’une taxe carbone de l’ordre de 50 euros la tonne de CO2, niveau suffisamment incitatif selon lui en termes de modifications des comportements et pourtant acceptable en termes de réduction de pouvoir d’achat i.e. de l’ordre de 1% annuel.

Mais il dessine également une voie, certes étroite mais valant la peine d’être tentée, soutenue d’ailleurs par une communauté d’économistes européens et américains.

La voie consistant à fonder une coalition internationale de pays ambitieux et volontaires pour mettre en place un prix du carbone commun, assorti d’une taxe douanière pour lutter contre le dumping environnemental de certains pays. A l’intérieur de chaque pays, cette fiscalité carbone serait rendue politiquement acceptable en coalisant les citoyens volontaires pour endosser cet effort climatique et en tentant d’emporter l’adhésion des autres par des redistributions massives sous forme de chèques verts et autres déductions de charges sociales sur les bas salaires, créant ainsi les conditions d’acceptabilité politique nécessaire.