Tessin: les banques rechignent à dénoncer les délits pénaux

AWP

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Les établissements craignent le dégât d’image et la longueur des procédures pénales, selon les experts de la police cantonale.


Tribunal de district de Locarno. ©Keystone

Depuis plusieurs années, les banques tessinoises dénoncent rarement les délits pénaux commis par leurs collaborateurs au dam de leurs clients ou par des personnes externes, à cause du dégât d’image qui en découle et de la longueur des procédures pénales. C’est une des conclusions publiées mardi par la Section des délits économico-financiers (REF) de la police cantonale dans son compte-rendu d’activités 2017.

«Comme les dernières années, les délits les plus fréquemment dénoncés sont ceux de faux dans les titres, escroquerie, détournement de fonds, gestion déloyale et blanchiment d’argent», indiquent les pandores en charge de la couverture des secteurs économiques secondaire et tertiaire au sud des Alpes.

Pendant l’année sous revue, la REF a procédé à 139 perquisitions dans des domiciles ou des bureaux, près de 500 interrogatoires et une quinzaine d’interpellations dans le cadre de procédures pénales. A la fin de l’année, la section comptait encore 267 enquêtes ouvertes.

Une part importante des procédures concernant la place bancaire tessinoise concerne les intermédiaires financiers, «presque toujours dépourvus d’une autorisation d’exercer et donc pas affiliés à un organe d’auto-discipline», qui ont géré de manière déloyale le patrimoine confié par leurs clients ou se le sont approprié.

COFFRES-FORTS AU NOIR

Les autorités pointent également du doigt l’offre importante de location de coffres-forts de la part de sociétés qui ne sont pas assujetties à la Loi sur le blanchiment d’argent (LBA) et à une autorité de contrôle et de surveillance. «Un client désireux de se soustraire aux règles de conformité peut le faire en louant un espace en dehors du circuit bancaire, beaucoup plus discret, et auquel les autorités ont plus de difficultés à accéder».

Les enquêtes menées par la REF ont également mis en lumière les activités de sociétés étrangères titulaires de comptes bancaires en Suisse, qui en apparence sont actives dans le négoce des biens de consommation. En réalité, ces entreprises ont été créées dans le seul but de créer des fausses factures destinées à justifier des mouvements financiers, «dans le seul but de frauder la TVA d’un Etat tiers».

La police tessinoise souligne que la place financière tessinoise est souvent utilisée comme plaque tournante pour la circulation de l’argent et de la TVA soustraite aux autorités étrangères, celles-ci n’étant pas en mesure de contrôler rapidement le flux d’argent à destination de la Suisse.
 

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