Suivi de Wirecard par Bordier

Daniel Pellet, Bordier & Cie

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Wirecard maintient au T2 une impressionnante croissance organique de ses revenus, qui progressent de 35% a/a à 643 millions d'euros.

Wirecard annonce ce matin des résultats T2 2019 à nouveau très solides et accroît légèrement ses perspectives pour l’exercice en cours et pour 2020. Les revenus progressent de 34% en organique; l’Ebitda est en ligne et la marge se redresse, mais reste légèrement en-dessous des attentes du consensus (impact d’un coût supplémentaire «one-off» relatif à l’affaire de Singapour). Solide CF et amélioration de la conversion en cash. La situation se normalise graduellement et les perspectives LT restent très encourageantes.

Wirecard maintient au T2 une impressionnante croissance organique de ses revenus, qui progressent de 35% a/a à 643 millions d'euros au T2 (+34% en organique, 2% au-dessus des attentes du consensus). Cette performance bénéficie d’un trend toujours solide en matière de paiements online (NB: un marché en croissance entre 15 et 20%), ainsi que de la montée en puissance des nouveaux clients enregistrés ces derniers mois (+170% a/a en 2018). Les volumes de transactions ont progressé au S1 de 37% a/a, avec une solide croissance de chacun des segments: Digital Goods (+50% a/a), Consumer Goods (+34% a/a) et Travel & Mobility (+23% a/a). Le groupe réalise désormais 52% de ses activités hors d’Europe (vs 50% au T2 2018).

L’Ebitda au T2 ressort à 184 millions d'euros (+38%), en ligne avec les attentes du consensus. La marge s’octroie 80bps à 28,6%, mais reste légèrement en-dessous des attentes du consensus (29,1%), sous l’impact d’un coût incrémental «one-off» de 7 millions d'euros lié à l’affaire de la filiale de Singapour. Le groupe a généré un solide FCF au T2, en hausse de 28% a/a à 115 millions d'euros, débouchant sur un taux de conversion en cash de 63% et une position cash net de 700 millions d'euros à fin juin (vs 596 millions d'euros à fin mars).

Si le nombre de nouveaux clients ralentit quelque peu au S1 2019 (+15% a/a pour un potentiel de volume de transactions de 34,6 milliards d'euros), c’est largement lié aux effets de base plus difficiles. Le management revoit néanmoins encore une fois légèrement à la hausse ses perspectives 2019 et 2020. L’Ebitda 2019 est désormais attendu entre 768 millions d'euros et 815 millions (vs 760-810 millions d'euros auparavant), toujours soutenu par des tendances de fonds solides et par les nouvelles solutions de paiements offertes.

Pour l’exercice 2020, Wirecard anticipe désormais des volumes de transactions >230 milliards d'euros (vs >215 milliards auparavant) et des revenus supérieurs à 3,2 milliards d'euros (vs >3 milliards auparavant). Le niveau de marge d’Ebitda attendu est maintenu à 30-35% et la conversion en cash du FCF (FCF/BN) à >65%. Le consensus assume un niveau de revenus 2020 de 3,35 milliards d'euros, mais se montre un peu timide sur la marge (31%). La vision du groupe pour 2025 est inchangée: revenus >10 milliards d'euros; volume de transactions >710 milliards d'euros; Ebitda >3,3 milliards d'euros.

Wirecard est à la pointe de l’innovation en matière de paiements électroniques. Ainsi, en B2C, Boon Planet est le nouvel écosystème pour les paiements mobile, avec la connexion bancaire et la carte de crédit numérique. Côté B2B, une nouvelle plateforme pour les paiements (gestion instantanée des transferts bancaires/cartes de crédit/débit) est offerte aux commerçants. Enfin, on notera la mise en place d’un «Smart Mirror» chez les commerçants (miroir à écran tactile et technologie RFID qui fournit les infos dans le miroir) et d’un Biometric Terminal (l’accès passe par l’empreinte de la paume de la main) pour renforcer la sécurité.

Compte tenu de sa croissance, Wirecard conserve une valorisation attractive. Confirmé en Core Holding récemment, la valeur théorique du titre atteint 290 euros.