Small et mid caps: gare au faux pas!

Yves Hulmann

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Plusieurs corrections d’environ 10% en une seule séance sur les petites et moyennes capitalisations suisses. Sans raison fondamentale.


© Keystone

Au cours des neuf premiers mois de l’année, la performance des petites et moyennes capitalisations a, en moyenne, continuellement surpassé celle des poids lourds de la cote en Suisse. Depuis début octobre, la tendance s’est inversée: les actions de plusieurs petites et moyennes capitalisations ont été sévèrement sanctionnées en bourse, parfois même après avoir publié des résultats en progression sur neuf mois. Avant même que les grands indices boursiers n’aient commencé à décrocher en milieu de semaine dernière, plusieurs small et mid caps helvétiques comme VAT, Bossard ou Sonova avaient déjà perdu plus de 10% en seule séance.

Autoneum avertit sur ses bénéfices

Jeudi l’action Autoneum plongeait de plus de 9% en milieu d’après-midi après publication d’un avertissement sur ses bénéfices. Le fabricant de composants pour l’industrie automobile a notamment indiqué qu’il ne visait plus qu’une marge opérationnelle de 6% pour 2018, contre 7% auparavant. En revanche, le groupe basé à Winterthour a confirmé son objectif de croissance organique de ses ventes à hauteur de 3%. Il en a fallu parfois moins pour que des actions de moyennes capitalisation dévissent soudainement ces dernières semaines.

Yoyo pour l’action de VAT

Ainsi, le 10 octobre, l’annonce effectuée par le groupe VAT d’introduire des mesures de réduction du temps de travail pour 400 employés travaillant sur le site saint-gallois de VAT Vakuumventile, a été accueilli très sèchement par les investisseurs. L’action du fabricant de soupapes à vide, pénalisé par le ralentissement de la demande dans le domaine des semi-conducteurs, a chuté de plus 10% ce jour-là. Et cela alors que nombre d’analystes estimaient qu’il s’agissait d’un simple passage à vide pour l’entreprise, ses moteurs de croissance – la numérisation croissante, l’Internet des objets ou les véhicules autonomes – restant eux intacts. Suite à des indications plus favorables pour le secteur des semi-conducteurs publiées mercredi par le néerlandais ASML, le titre de VAT s’est toutefois ressaisi de 5%.

Bossard sanctionné par les doutes sur Tesla

La même journée du 10 octobre, l’action du spécialiste zougois des techniques d’assemblage Bossard avait été tout autant malmenée. Son titre a a perdu plus de 10% après que le groupe ait indiqué s’attendre à un chiffre d’affaires de 865 millions de francs pour l’ensemble de 2018, comparé à une prévision précédente de 880 millions de francs. Le fait d’avoir annoncé le même jour un chiffre d’affaires en hausse de près 12% à 659 millions de francs pour les neuf premiers mois n’a visiblement pas suffi à rassurer les investisseurs. Cela d’autant plus que la société zougoise avait fortement profité au troisième trimestre d’une importante progression de ses ventes en Amérique du Nord, portée notamment par la forte demande du fabricant de voitures électriques Tesla.

Sonova pénalisé par un éventuel futur concurrent

Le cas du fabricant d’appareils d’aide auditive Sonova est un peu différent mais il atteste tout autant de la nervosité des investisseurs. Le 8 octobre, il a suffi qu’une étude publiée par la société d’analyse Bernstein évoque l’entrée sur le marché des appareils d’aide auditive du spécialiste de l’électronique de divertissement haut de gamme Bose pour que l’action de Sonova décroche de près de 10% lors d’une seule séance. Pourtant, à ce stade, Bose n’a pas encore vraiment précisé ses intentions dans ce domaine. Les investisseurs anticipent néanmoins que le groupe, connu pour ses enceintes audio, parvienne à commercialiser de nouveaux produits sur le marché américain pouvant servir de substituts aux appareils d’aide auditive classique. Après avoir chuté d’un plus haut situé à 200 francs fin septembre à 155 francs en début de semaine, l’action de Sonova s’est stabilisée autour de 160 francs mercredi et jeudi.

En juillet dernier, le groupe fribourgeois Comet avait aussi subi des baisses de l’ordre de 10% en une séance après avoir révisé à la baisse ses prévisions pour l’exercice en cours.

Le SMIM en net recul sur un mois

De manière générale, la multiplication de ces cas indique un scepticisme persistant des investisseurs envers de nombreuses petites et moyennes capitalisations qui ont su rebondir après la crise financière mais dont la diversification, géographique ou sectorielle, est beaucoup plus restreinte que celle des grandes multinationales. Durant le mois écoulé, l’indice SMIM, qui regroupe trente moyennes capitalisations helvétiques (hors SMI), affiche une baisse de près de 8%, comparé à un recul de 2% pour le SMI.