Des opportunités dans la difficulté!

Laurent Denize, ODDO BHF AM

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Entre croissance mondiale sur la ligne de crête, populisme et protectionnisme, les raisons de s’alarmer ne manquent pas.

«L'investissement des entreprises est très élevé et le taux de chômage si bas qu'il y a plus d'emplois à pourvoir que de chômeurs pour la première fois dans l'histoire». Tels sont les propos de Wilbur Ross secrétaire d’Etat au commerce américain. L'ISM manufacturier de juin a surpris en début de semaine avec une brusque accélération de l'activité de +2,5 points à 60,2 points et des dépenses de construction en progression de +0,4% au mois de mai. Les chiffres de la croissance seront vraisemblablement proches des 3%.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes? Pas vraiment. Entre croissance mondiale sur la ligne de crête, populisme et protectionnisme, les raisons de s’alarmer ne manquent pas. Mais il est trop simple de crier au loup sans prendre le temps de vérifier si le bruit s’est transformé en signal.

Le choc pétrolier: le pouvoir d’achat des consommateurs commence à être impacté et la baisse de l’euro accentue la pression sur les Européens. 1'000 milliards de dollars vont être redistribués vers les pays producteurs. Le manque d’investissement et la résurgence du risque politique au moyen orient et au Venezuela contrebalancent le pic de croissance et la production de gaz de schiste.

Le risque politique: le vrai sujet reste le Brexit, les risques en Italie s’étant atténués après la nomination du nouveau gouvernement.

Plus de signaux négatifs qu’en début d’année
mais pas assez pour nous faire changer de cap.

Le risque de guerre commerciale: de menaces, nous sommes passés aux actes, mais dans quelle proportion? L’ensemble des mesures devrait, selon nos calculs, soustraire 0,20% de croissance aux Etats-Unis et à la Chine, 0,50% sur des scenarios extrêmes. Plus que les mesures prises, c’est la perception actuelle qui pèse sur le moral des investisseurs.

Les valorisations: avec des P/E forward de 13 et de 17 en zone euro et aux USA, les valorisations sont devenues raisonnables tant que les perspectives de résultats ne s’effondrent pas. La période de publication des résultats trimestriels des entreprises va bientôt démarrer dans un contexte où la dispersion des performances a rarement été aussi forte. Les entreprises de croissance (luxe européen, technologiques américaines, etc.) sont proches de leur plus haut alors que les secteurs «value» (financières, cycliques) sont en forte baisse. Ces derniers pourraient se réapprécier fortement, au fil de publications favorables.

Les flux: après un début d’année favorable au repositionnement sur les actions, le momentum s’est récemment renversé.

Plus de signaux négatifs qu’en début d’année mais pas assez pour nous faire changer de cap. Nous restons donc investis, légèrement sous pondérés en actifs risqués (45%), fortement sous pondérés en crédit, afin de limiter les pertes en cas d’inflexion baissière, tout en bénéficiant d’un éventuel rebond provoqué par une saison des résultats réconfortante. L'espérance de gain sur les actions a certes diminué avec la hausse du risque mais elle reste selon nous positive et le seul investissement raisonnable. Au prix de fortes sueurs, c’est de saison…