U-blox repasse sous la barre des 400 millions

AWP

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Les ventes 2018 d’U-blox ont accusé un repli de 2,6% à 393,3 millions de francs, alors que les estimations les plus conservatrices du consensus AWP anticipaient 403,7 millions. Pas de quoi refroidir les investisseurs.

Le producteur de puces de géolocalisation et de communication sans fil U-blox a vu son chiffre d’affaires se contracter légèrement en 2018. Au niveau opérationnel et net, le repli est encore plus sensible, même s’il avait fait l’objet d’un avertissement sur résultats en novembre. La rémunération des actionnaires devrait subir un coup de rabot plus important que prévu.

Les ventes d’U-blox ont accusé un repli de 2,6% à 393,3 millions de francs, alors que les estimations les plus conservatrices du consensus AWP anticipaient 403,7 millions.

Dans son communiqué, le groupe de Thalwil met en avant les difficultés rencontrées sur les marchés asiatiques, où les commandes et les revenus ont chuté en raison de l’entrée en vigueur de nouvelles réglementations en Chine et de la bisbille commerciale entre Washington et Pékin. Les sanctions américaines qui ont frappé l’équipementier de télécommunication ZTE sont aussi passées par là.

Le résultat opérationnel (Ebit) a fondu de plus d’un quart à 48,3 millions et le bénéfice net a reculé à peu près dans les mêmes proportions à 38,5 millions, des valeurs qui s’inscrivent dans le cadre des attentes du marché et des dernières projections brossées par la direction. La marge Ebit s’est érodée de près de 4 points de pourcentage à 15,4%.

Les actionnaires verront leur dividende raboté de près d’un tiers au titre de l’exercice écoulé à 1,60 francs par action, alors que les analystes s’attendaient en moyenne à le voir ramené juste sous la barre des 2,00 francs.

Redressement chinois

Dans la foulée des chiffres, U-blox a confirmé ses objectifs pour l’exercice en cours, à savoir des recettes à hauteur de 460-490 millions de francs, ainsi qu’un Ebit de 30-45 millions.

En conférence de presse, le directeur général Thomas Seiler a dit s’attendre à «une bonne croissance dans toutes les régions», notamment en Chine, où les affaires se sont déjà rétablies, à la faveur de l’acquisition de nouveaux clients dans les domaines de la téléphonie mobile ou de l’industrie automobile.

Concernant cette dernière, le patron de l’entreprise zurichoise a souligné que les exigences du secteur en matière d’exactitude de positionnement sont toujours plus élevées, ce qui permet de proposer des produits plus onéreux. A cela s’ajoute, pour les véhicules autonomes, la redondance de systèmes de navigation pour des raisons de sécurité.

A l’horizon 2022, le chiffre d’affaires devrait se situer entre 700-800 millions de francs, pour une marge Ebit comprise entre 12-15%.

La marche des affaires souffreteuse au deuxième semestre devrait avoir marqué le creux de la vague pour U-blox, estime dans un commentaire la Banque cantonale de Zurich (ZKB), qui souligne le net ralentissement observé au cours des cinq dernières semaines de l’exercice et confirme sa recommandation de surpondération pour le titre.

Moins optimiste, Vontobel estime les objectifs ambitieux au vu du degré élevé d’incertitude et de la visibilité restreinte. L’établissement privé anticipe une nouvelle baisse de la rentabilité pour l’année en cours et recommande de se défaire du titre.

Portée un moment par l’euphorie des intervenants, la nominative U-blox a dépassé les 92 francs (+6,6%) mais le soufflé est retombé en fin de matinée. A la clôture de la place zurichoise, le titre s’est arrêté en hausse de 2,1% à 88,25 francs, dans un SPI en petite hausse (+0,08%).