BCE: pas besoin d’achats nets d’actifs «cette année»

AWP

1 minutes de lecture

«Bien sûr, si les choses tournent très mal, nous pourrions toujours nous servir d’autres instruments de notre boîte à outils», a toutefois déclaré le président Mario Draghi.

La Banque centrale européenne (BCE) s’est dit prête lundi à soutenir l’économie si besoin en relançant les rachats nets d’actifs, sans pour autant l’envisager en 2019, selon son président Mario Draghi.

«Bien sûr, si les choses tournent très mal, nous pourrions toujours nous servir d’autres instruments de notre boîte à outils», a déclaré M. Draghi lundi à la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen à Bruxelles.

«A cet instant, nous ne voyons pas cette éventualité se produire, certainement pas cette année», a-t-il toutefois ajouté, répondant à une question d’un euro-député sur les rachats d’actifs.

Ces propos sont «un peu surprenants», a estimé Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management. Selon lui, la BCE veut éviter de «donner l’impression d’être sous pression ou inquiète au point de devoir agir dans l’urgence».

Le banquier italien avait assuré jeudi dernier que l’institution n’était «pas à court d’instruments» pour réagir à une dégradation durable, même si elle vient de mettre fin au «QE», son programme historique de rachats de dette publique et privée.

La BCE a maintenu lors de sa dernière réunion son dispositif monétaire très expansif, avec les taux directeurs au plus bas et le réinvestissement au fur et à mesure des échéances du stock gigantesque d’obligations - près de 2.600 milliards d’euros - acquis avant la fin du «QE», en décembre dernier.

L’institution a également laissé entendre que les taux pourraient ne pas être relevés en 2019 si l’économie continuait à s’affaiblir.

Comme il l’avait déjà dit jeudi dernier, M. Draghi a souligné devant le Parlement européen la «persistance d’incertitudes liées notamment à des facteurs géopolitiques et la menace de protectionnisme», ce qui «pèse sur le climat économique».

La BCE n’a «pas d’autre choix que d’envoyer un message positif en attendant les prochaines données» économiques qui seront publiées d’ici sa prochaine réunion de mars, quand elle pourrait être amenée à «changer son diagnostic», selon M.Ducrozet.

La BCE lutte depuis quatre ans pour faire remonter l’inflation à un taux durablement proche de 2%, un niveau jugé adéquat pour soutenir l’économie.