La chronique des marchés de Vontobel au 21 août

Jean Frédéric Nussbaumer, Vontobel

2 minutes de lecture

Nasdaq -0,68%, SPX -0,80%, Dow -0,66%, Russell -0,72%, SOX -0,54%, Eurostoxx -0,56%, SMI -0,56%.

Wall-Street marque une pause après trois séances de rebond. On assiste à des prises de bénéfices dans le marché avant plusieurs rendez-vous importants cette semaine, dont le discours du patron de la Fed Jerome Powell à Jackson Hole vendredi. Les valeurs financières pèsent sur la cote, sur fonds de recul des rendements des obligations gouvernementales. Le rendement de l’emprunt US à 10 ans recule à 1,57%. La perspective d’une baisse des taux par les grandes banques centrales, la crise politique en Italie (avec la démission du président du Conseil italien, Giuseppe Conte) et le blocage dans le dossier du Brexit favorisent les obligations souveraines ces dernières heures. L’indice S&P500 (SPX) termine au plus bas de la séance, après avoir tenté une échappée vers le haut peu avant la clôture européenne. Cela dit le SPX parvient à se maintenir pile sur son niveau de 2900 points. Les volumes d’échanges sont faibles, phénomène typique de fin d’été. La volatilité remonte quelque peu, l’indice VIX en hausse de 3,6% à 17,50, l’or se maintient à 1500$ par once (Mark Mobius (Templeton) suggérant d’acheter le métal jaune à n’importe quel prix tant que les banques centrales assouplissent leurs politiques monétaires). Le pétrole est stable à 56,42$ le baril de WTI Light Crude. Un calme apparent règne sur le marché des devises avec la paire euro/dollar à 1,1095 ce matin. Même la moribonde livre sterling tente de rebondir après avoir frôlé les 1,20 contre dollar la semaine passée, ce matin à 1,2143.
 
Home Depot (HD +4,4%) alors que le groupe vient pourtant de réduire ses estimations 2019 de ventes, du fait notamment de l’impact des tarifs douaniers, mais aussi de la forte baisse des prix du bois. Home Depot ne table plus désormais que sur une croissance à magasins comparables de 4% sur l’exercice, contre 5% précédemment envisagé. La chaîne américaine prévoit des revenus totaux en croissance de 2,3%, alors qu’il misait auparavant sur une expansion de 3,3%. Netflix (NFLX -3,36%) après qu’Apple a annoncé vouloir investir 6 milliards de dollars pour du contenu sur sa plateforme de streaming. La concurrence de Netflix se renforce, Disney en fait aussi partie. Alibaba (BABA -0,68%) repousse le lancement de sa cotation à Hong-Kong et pourrait tenter le coup à nouveau en octobre. Les manifestations sont passées par là.
 
Aux Etats-Unis, les autorités réfléchissent à des mesures de relance. Selon le ‘Washington Post’, des conseillers de la Maison blanche étudient la possibilité d’une baisse temporaire des cotisations sociales acquittées par les salariés et par les employeurs afin de pallier un ralentissement de l’activité économique. Cela ne constitue en rien une surprise. Donald Trump fait face à un épineux problème, le spectre d’une récession potentielle l’an prochain, sachant que, jamais un président américain n’a été réélu en période de contraction économique. Ceci explique aussi le déni total du président des Etats-Unis qui affirme que l’économie de son pays est florissante, que le mot récession est inapproprié et que le consommateur américain est plus fort que jamais. 
 
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en léger recul avec Tokyo qui abandonne 0.28% à la cloche, Hong-Kong qui traite à l’équilibre et Shanghai qui recule très légèrement. Le future Eurostoxx indique une ouverture en légère hausse, tout comme son alter ego du SPX, qui progresse de 9 points. Les minutes de la dernière réunion de la Fed seront publiées ce soir à 20h, heure de Genève. Nous suivrons également les inventaires hebdomadaires du département américain de l’énergie ainsi que les ventes de maisons existantes, toujours aux USA. Première en Allemagne aujourd’hui où le gouvernement va lancer une émission obligataire à 30 ans avec un coupon de zéro %.
 
Bayer va vendre sa division santé animale à Elanco Animal Health, l’ancienne division dédiée à cette activité d’Eli Lilly. Le laboratoire américain a accepté de débourser 7,6 milliards de dollars en titres et en numéraire pour reprendre cette activité au groupe allemand. L’opération devrait être finalisée d’ici la mi-2020. Elle permettra à l’acquéreur de devenir numéro deux mondial de la santé animale. Kudelski annonce un chiffre d’affaires de 400,6 millions de dollars contre 437,7 en 2018, et une profitabilité nette de 20,4 millions de $, certes réduite de près de moitié par rapport à celle essuyée au premier semestre 2018, mais nettement plus élevée que les 13,2 millions pronostiqués par les analystes du consensus AWP.
 
Donald Trump affirme être intéressé à racheter le Groenland au Danemark, ce que la première ministre danoise Mette Frederiksen a considéré comme une plaisanterie de mauvais goût qui a assez duré. Du coup le président des Etats-Unis annule sa visite au Danemark prévue en septembre…Cette lubie de Donald Trump pourrait ne pas en être une. Selon le quotidien danois Jyllands-Posten, une première offre d’achat a été soumise confidentiellement par Washington à Copenhague, pour la somme de 100 millions de dollars et des terres en Alaska, en 1946…