Amundi fait mieux qu’attendu au premier trimestre

AWP

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«Ces résultats sont en ligne avec notre plan de marche à horizon 2020, qui prévoit de dégager un résultat net annuel d’un milliard d’euros», s’est félicité le directeur général, Yves Perrier.

Porté par les vents favorables des marchés, et malgré une aversion au risque toujours prononcée, Amundi a pu compter sur des revenus solides au premier trimestre pour gagner en profitabilité, déjouant les attentes des analystes.

Le poids lourd mondial de la gestion d’actifs a vu son bénéfice net progresser de 6,4% sur les trois premiers mois de l’année, à 235 millions d’euros, alors que les analystes tablaient sur un léger repli.

Ces résultats sont «tout à fait en ligne avec notre plan de marche à horizon 2020, qui prévoit de dégager un résultat net annuel d’un milliard d’euros», s’est félicité Yves Perrier, le directeur général d’Amundi, mettant en avant la «solidité du +business model+» du groupe.

Ils ont d’ailleurs été accueillis favorablement par le marché vendredi matin, puisque vers 11H50 (09H50 GMT), le titre Amundi progressait de 0,72% à 63,05 euros, dans un marché stable (-0,01%).

Les revenus nets du groupe, en baisse de 0,6% à 659 millions d’euros, sont ressortis «2% supérieurs à nos attentes», tout comme la baisse des charges générales d’exploitation, a souligné dans une note Farhad Moshiri, analyste pour le bureau de recherche AlphaValue.

«C’est pourquoi le résultat opérationnel dépasse de 1,2% nos anticipations», a-t-il complété, pointant toutefois «une collecte plutôt décevante».

Le groupe a, en effet, accusé sur la période une décollecte nette (les retraits des clients moins les dépôts) de près de 7 milliards d’euros, attribuée à «des sorties importantes de produits de trésorerie», ainsi qu’à la perte d’un mandat de gestion pour un client institutionnel italien.

Mais cela n’a pas empêché M. Perrier de se montrer «raisonnablement optimiste» sur l’atteinte de l’objectif d’une collecte nette cumulée d’au moins 150 milliards d’euros à horizon 2020, contre 110 milliards pour la période 2017-2018.

La décollecte «est beaucoup liée à l’aversion au risque, et avec le fait que les marchés sont devenus de nouveau plus positifs, cette aversion au risque devrait progressivement s’atténuer», a-t-il fait valoir.

Intérêt pour DWS?

Amundi a profité à plein du redressement des marchés actions au premier trimestre 2019: les revenus financiers du groupe, «qui traduisent pour l’essentiel l’évolution de la valorisation de notre portefeuille de placements», sont repassés dans le vert sur la période, a souligné Nicolas Calcoen, le directeur financier du groupe. «Le contexte de marché a joué favorablement sur les encours» qui ont atteint 1.476 milliards d’euros à fin mars 2019 (+1,7% sur un an).

La solidité des revenus du groupe, quasiment stables (-0,6%) sur un an à 659 millions d’euros, s’explique également par une croissance modérée des commissions de gestion, tandis que «le contrôle des coûts ne se relâche pas», a assuré M. Perrier.

Interrogé sur l’intérêt éventuel que le groupe pourrait manifester à l’égard de DWS, la filiale de gestion d’actifs de Deutsche Bank, Yves Perrier a insisté sur le fait que «la stratégie de développement d’Amundi a toujours été fondée sur la croissance organique et continuera de l’être».

Par ailleurs, «je ne sais pas si le groupe Deutsche Bank a la volonté ou non de se désengager totalement ou en partie de DWS», a-t-il relevé.

«Amundi est un consolidateur naturel en Europe», a toutefois avancé le directeur général du leader européen de la gestion d’actifs, assurant que le groupe «regarde en permanence les dossiers de croissance externe mais pour autant qu’ils soient sur la table».

«Nous avons un modèle industriel qui est efficace et permet de dégager des synergies importantes quand on fait une acquisition» et «avons démontré, en particulier avec celle de Pioneer, que nous savions mettre en oeuvre efficacement, rapidement des opérations de croissance ou de fusion importantes», a-t-il rappelé.