Le secteur des biotechnologies bénéficie des avancées scientifiques et d’une forte demande en matière de rachats d’entreprises. Cependant, après le net rebond des cours, les valorisations attractives se font plus rares. Pour les investisseurs, ce n’est désormais plus l’orientation générale du marché qui est déterminante, mais la qualité de chaque entreprise.
Les actions biotechnologiques se sont nettement redressées depuis 2025. Alors que l’évolution du marché global au deuxième trimestre a été fortement influencée par les flux de capitaux, les anticipations de taux d’intérêt et un regain d’appétit pour le risque, la surperformance de certaines entreprises a continué de reposer sur leurs avancées cliniques et la qualité de leur recherche scientifique.
L’environnement évolue donc pour les investisseurs. Après des années de faibles valorisations, une simple stabilisation du sentiment de marché suffisait parfois à faire remonter l’ensemble du secteur. Aujourd’hui, les profils risque/rendement attractifs se sont raréfiés. La prochaine phase devrait donc être davantage déterminée par les données cliniques, les décisions réglementaires et la qualité commerciale des différents produits.
Les expirations de brevets accentuent la pression sur les géants pharmaceutiques
L’un des principaux arguments en faveur de la biotechnologie à long terme réside dans la demande structurelle de nouveaux médicaments. D’ici 2030, les grands groupes pharmaceutiques seront confrontés à des expirations de brevets portant sur un chiffre d’affaires de plus de 250 milliards de dollars. Pour combler ces pertes de revenus, ils devront de plus en plus compléter leurs pipelines en faisant appel à de l’innovation externe.
L’activité de fusions-acquisitions devrait donc rester soutenue. Les entreprises les plus recherchées sont avant tout celles qui disposent de mécanismes d’action différenciés, de données cliniques solides et de produits susceptibles d’améliorer significativement les traitements existants.
Une éventuelle acquisition ne devrait toutefois jamais constituer à elle seule la thèse d’investissement. Elle résulte davantage d’une science convaincante que d’un facteur de hausse boursière fiable et prévisible.
Des opportunités dans quatre domaines thérapeutiques
L’évolution reste particulièrement dynamique en oncologie, en immunologie, dans le domaine des maladies rares et en médecine métabolique. En oncologie, des approches moléculaires plus précises permettent de traiter des groupes de patients clairement définis. En immunologie, de nouvelles plateformes sont développées afin de cibler plusieurs maladies au-delà d’un seul médicament.
Dans le domaine des maladies rares, des besoins médicaux importants se conjuguent à des thérapies de plus en plus ciblées. La médecine métabolique, quant à elle, offre un potentiel commercial considérable, mais la concurrence s’intensifie rapidement. À long terme, tous les acteurs ne bénéficieront pas de la demande en médicaments contre l’obésité. L’efficacité seule ne suffit pas; la tolérance, le mode d’administration, les capacités de production et les conditions de remboursement sont également déterminants.
Les entreprises biotechnologiques bien établies gagnent en importance
L’univers d’investissement ne se limite plus depuis longtemps aux seules petites entreprises de recherche. Les groupes biotechnologiques bien établis disposent aujourd’hui de produits rentables, de solides flux de trésorerie et de pipelines diversifiés. Ils peuvent ainsi apporter de la stabilité à un portefeuille sans pour autant renoncer à la croissance structurelle.
Les mid caps innovantes offrent souvent un plus grand potentiel de hausse, mais dépendent davantage des résultats d’études cliniques et des décisions réglementaires. Un positionnement judicieux consiste donc à associer des leaders de marché bien établis à une sélection d’entreprises ayant atteint des phases avancées de développement. Ce n’est pas la capitalisation boursière qui est déterminante, mais la qualité scientifique, clinique et commerciale. La combinaison de leaders de marché bien établis et de mid caps innovantes soigneusement sélectionnées permet ainsi de trouver un équilibre entre résilience et potentiel de croissance à long terme.
Les risques restent binaires
La biotechnologie reste un secteur exigeant. La valorisation d’une entreprise peut dépendre des résultats d’une seule étude clinique. Même les approches scientifiques convaincantes doivent franchir de nombreux obstacles: efficacité clinique, sécurité, autorisation de mise sur le marché, production, prise en charge par les assurances et commercialisation.
À cela s’ajoutent des incertitudes politiques et réglementaires. Les changements au sein de l’agence américaine de santé (FDA) ont certes été perçus de manière plus constructive ces derniers temps. L’orientation future de l’agence ainsi que le débat sur les prix des médicaments restent toutefois difficiles à anticiper. L’inflation, les taux d’intérêt et les élections de mi-mandat aux Etats-Unis peuvent également influencer les valorisations à court terme.
Pour les investisseurs, les biotechnologies présentent toujours de nombreux atouts. Le secteur reste l’une des principales sources d’innovation médicale et joue un rôle central pour répondre aux besoins croissants des grandes entreprises pharmaceutiques en matière d’innovation externe.
Toutefois, après la nette reprise du secteur, les opportunités attractives sont devenues plus rares. Une sélection rigoureuse des titres prend donc une importance croissante. Les entreprises qui se distinguent par une expertise scientifique différenciée, un développement clinique convaincant et un potentiel commercial durable, et dont la valeur à long terme n’est, selon nous, pas encore pleinement intégrée dans le cours de l’action, restent particulièrement séduisantes.