La Bourse de New York a ouvert en baisse lundi, minée par des inquiétudes autour du développement de l’intelligence artificielle (IA), après que les grands patrons du secteur ont affirmé vouloir ralentir la cadence.
Vers 14H15 GMT (16H15 HEC), l’indice Nasdaq - qui rassemble les grands noms technologiques - perdait 0,84%, le Dow Jones reculait de 0,21% et l’indice élargi S&P 500 lâchait 0,54%.
«Les actions liées à l’IA reculent ce matin, (...) après les appels lancés par plusieurs figures du secteur technologique à freiner le rythme de développement» de ces outils, invoquant des risques pour la sécurité, souligne David Morrison, du courtier Trade Nation.
Le patron d’Anthropic, Dario Amodei, a notamment plaidé samedi en faveur d’une décélération face au danger des modèles qui progressent hors de tout contrôle humain.
Son homologue, Sam Altman, a approuvé, annonçant au passage le report de l’entrée en Bourse d’OpenAI prévue cette année. Le milliardaire Elon Musk a aussi soutenu le message de M. Amodei.
«L’IA a été le moteur à la fois de l’économie et du marché boursier ces dernières années», résume auprès de l’AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.
«Si nous commençons à freiner cette dynamique, cela devient problématique, car cela signifie que les bénéfices vont ralentir et que les revenus suivront la même trajectoire», ajoute l’analyste, d’où l’inquiétude des investisseurs.
Dans ce contexte, les géants des semi-conducteurs - indispensables pour construire les centres de données où sont entraînés les modèles d’IA - perdaient du terrain lundi.
Nvidia reculait de 3,47% à 210,71 dollars. Broadcom chutait de 4,02%, AMD de 6,14%, Intel de 6,34% et SK hynix de 6,63%.
Les autres géants de la tech américaine - qui ont beaucoup investi dans l’IA - parvenaient toutefois à garder la tête hors de l’eau, à l’image de Microsoft (+1,35%), Alphabet (+2,18%), Meta (+1,94%) ou Apple (+0,59%).
Craintes inflationnistes
La place américaine est aussi plombée par la forte hausse des prix du pétrole lundi.
Le baril de Brent - référence internationale - évolue non loin des 110 dollars, poussé par la fermeture temporaire d’un oléoduc essentiel en Arabie saoudite après des frappes et le report d’une réunion des pays du Golfe et de l’Iran sur le détroit d’Ormuz.
«On ne voit pas la fin de ce conflit au Moyen-Orient» et «l’inflation reste tenace», juge Adam Sarhan.
Aussi, sur le marché obligataire, le taux d’intérêt de la dette publique des Etats-Unis à échéance dix ans a franchi 5% lundi, contre 4,97% à la clôture vendredi, une première depuis 2023.
Dans ce contexte, les opérateurs attendent la réunion mercredi de la banque centrale américaine (Fed).
Une hausse des taux, la première depuis l’été 2023, est largement attendue par les marchés face à la hausse des coûts de l’énergie, selon l’outil de veille CME FedWatch.