Perte d'emploi après 50 ans: que devient la LPP?

Edric Speckert, PensExpert SA

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Plusieurs options existent pour gérer son capital de prévoyance: les connaître suffisamment tôt permet d’éviter de mauvaises surprises.

 

Un licenciement après 50 ans soulève de nombreuses questions dont une est souvent reléguée au second plan: que devient le capital de retraite accumulé dans ma caisse de pension? Dans de nombreux secteurs, de nombreux postes sont aujourd'hui supprimés et les personnes concernées ont souvent travaillé auprès du même employeur durant de nombreuses années. La connaissance de leur propre situation au niveau de la prévoyance reste de ce fait souvent restreint.

Un avoir toujours acquis, des options à peser

Le capital de retraite accumulé au cours de la carrière reste acquis dans tous les cas. L’assuré qui retrouve rapidement un emploi voit son capital de prévoyance transféré, le cas échéant via un bref détour par un compte de libre passage, directement dans la caisse de pension de son nouvel employeur.

Dès 58 ans, une personne licenciée peut maintenir facultativement sa prévoyance auprès de la caisse de pension existante. Ce maintien a toutefois un prix.

Par contre, la situation se complique lorsque le retour à la vie active prend plus de temps, qu'une activité indépendante est envisagée, qu'un taux d'occupation réduit est recherché ou que le départ à la retraite approche. Plusieurs variantes se présentent alors et il convient de les analyser avec précision.

Une couverture de courte durée après la sortie

Les risques d'invalidité et de décès ne sont couverts que pendant un mois après la sortie de la caisse de pension. Ce délai, souvent sous-estimé, peut être prolongé par une assurance par convention conclue auprès de l'assurance-accidents qui étend la couverture pour une durée maximale de six mois. Au-delà de cette période, une lacune de couverture des risques apparaît. C’est donc un point à clarifier rapidement suite à la perte d’un emploi.

Rester assuré après 58 ans

Dès 58 ans, une personne licenciée par son employeur peut maintenir facultativement sa prévoyance auprès de la caisse de pension existante. L'avantage principal est que le droit à une prestation de vieillesse sous forme de rente est préservé.

Ce maintien a toutefois un prix. La personne assurée doit financer elle-même sa propre cotisation ainsi que la part employeur, ce qui dépasse les possibilités financières de nombreuses personnes. Par ailleurs, toutes les caisses de pension ne prévoient pas un versement ultérieur sous forme de rente pour les personnes qui ne sont plus contractuellement liées à l’entreprise, certaines ne souhaitant pas supporter les risques qui y sont associés. Un coup d'œil au règlement de sa caisse de prévoyance vaut la peine dans tous les cas.

Vérifier l'ordre des bénéficiaires

Les prétentions relevant du droit de la prévoyance obéissent à des règles différentes que le droit successoral. L’assuré qui transfère son capital de prévoyance vers une institution de libre passage après un licenciement devrait donc vérifier qui est enregistré comme bénéficiaire en cas de décès et si cet ordre correspond encore à sa situation de vie actuelle.

Répartir les retraits pour limiter la progression fiscale

Un échelonnement des retraits est également possible: si le capital de libre passage est réparti sur deux comptes auprès d'institutions différentes, les retraits peuvent être répartis sur deux périodes fiscales distinctes. Un compte de libre passage ne peut en effet être retiré que dans son intégralité.

Cette planification doit toutefois être mûrement réfléchie. L'administration fiscale accepte en règle générale au maximum trois versements. Il faut également considérer que les retraits du 2e pilier et du pilier 3a effectués lors de la même année fiscale s’additionnent.

Le rôle des fondations de libre passage

Les fondations de libre passage sont plus qu'un simple lieu de dépôt pour le capital de prévoyance. Selon le prestataire, des solutions en titres avec un large éventail de placements sont disponibles en plus des comptes classiques.

Ce que changerait la réforme AVS 2030

Le projet de loi mis en consultation fin mai 2026 concerne en premier lieu l'AVS, mais il aurait aussi des répercussions directes sur la prévoyance professionnelle. Le Conseil fédéral propose de relever l'âge minimal de la retraite dans le deuxième pilier de 58 à 63 ans par analogie avec l'AVS. La période disponible pour les étapes de retraite partielle se réduirait ainsi à trois ans.

Autre point contestable: l’assuré qui reste actif au-delà de 70 ans pourra certes continuer à cotiser à l'AVS, mais pas au 2e pilier.

La prévoyance mérite une place sur la liste des priorités

Celui qui perd son emploi concentre naturellement son attention sur la recherche d'un nouveau poste, ce qui est parfaitement compréhensible. Perdre de vue sa prévoyance peut toutefois coûter cher, spécialement dans les années précédant la retraite, car ce sont celles où le capital accumulé croît le plus fortement. Etre correctement renseigné au sujet de ses options permet de prendre les décisions adéquates.

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