Vous reprendrez bien un autre «G»

Walid Azar Atallah, DECALIA

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Les progrès technologiques permis par la 5G vont transformer notre monde. Opportunités à la clé.


©Keystone

Juste au moment où États-Unis et Chine semblaient proches d’un accord, le président Trump a largué de nouvelles bombes: droit de douane rehaussés à 25% sur 200 milliards de dollars d’importations depuis la Chine et mise sur liste noire de Huawei, leader chinois des télécommunications – officiellement pour des motifs de sécurité nationale. L'enjeu dépasse le seul différend commercial entre les deux principales puissances économiques ; il s’agit aussi du leadership technologique dans la transition vers la 5G – avec l’immense potentiel, mais aussi les défis, qu'elle implique. 

Qui se souvient encore de l'ère 1G, où seuls les appels vocaux étaient possibles? Puis, avec la 2G, et le passage de l'analogique au numérique, est venue la possibilité d'envoyer des messages texte. La 3G a marqué l'avènement des données mobiles, mettant internet littéralement à portée de main. L'étape 4G actuelle est celle du haut débit mobile : les smartphones sont devenus la norme, et les fonctionnalités multimédia indispensables à notre mode de vie.

Révolutionner nos modes de travail et de vie sera forcément coûteux.

En plus de répondre à l’explosion du trafic de données, qui devrait décupler entre 2016 et 2022, la 5G offrira surtout une vitesse extrême, environ 1000 fois supérieure à ce que nous connaissons actuellement. Également plus fiable, plus dense et moins énergivore, elle promet ainsi de libérer la puissance de la technologie dans de nombreux nouveaux domaines tels que les véhicules autonomes, les villes et bâtiments intelligents, la surveillance environnementale ou la cybersanté.
Révolutionner nos modes de travail et de vie sera forcément coûteux. D’ici à 2022, les dépenses d'investissement liées à la technologie 5G sont estimées à 600 milliards de dollars. 

Si certains états asiatiques subventionnent fortement la 5G, en tant que clé du progrès économique, dans la plupart des pays développés ce sont les opérateurs de réseaux qui paieront l’addition... avec de l’argent qu'elles n’ont pas. Les consommateurs peuvent donc s'attendre à des factures plus élevées – outre le coût d’acquisition de téléphones dotés de fonctionnalités 5G. Les entreprises devront également consentir à des dépenses infrastructurelles, adoptant peut-être des modèles d'abonnement.

Nombreux sont les acteurs impliqués dans la transition vers la 5G.

En matière d’investissement, nombreux sont les acteurs impliqués dans la transition vers la 5G. Un premier groupe comprend les fabricants d’antennes, de semi-conducteurs et de logiciels, comme Xilinx, Qualcomm ou Intel. Ensuite, les sociétés actives dans la construction du réseau d’antennes – il en faudra 300'000 additionnels rien qu'aux États-Unis, du fait de la longueur d'onde plus courte de la 5G, donc sa portée moindre (1km contre 70km pour la 4G). American Tower se distingue ici, aux côtés de Crown Castle ou SBA. Les fournisseurs de matériel de réseau mobile et optique forment un troisième groupe, avec Ericsson (particulièrement bien positionné pour profiter de la 5G dans la mesure où 90% de ses revenus proviennent du mobile), Nokia ou MaxLinear. Les opérateurs téléphoniques constituent un quatrième groupe évident, notamment Verizon, China Mobile ou KT (Korea Telecom). Et, enfin, il y a les fabricants d'appareils, comme Apple, Sony ou Samsung.

Alors qu’il n’existe pas encore de plan défini pour le déploiement de la 5G, certains pays, tels que les USA, tirent déjà la sonnette d’alarme. Leurs réseaux traditionnels étant presque saturés, ils doivent désormais accélérer la transition 5G, créant de réelles opportunités d’investissement.

Volume du trafic internet sur smartphone (ExaOctets/mois)

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