L’année 2026 a été jusqu’à présent marquée par une forte volatilité. Elle a commencé avec les Etats-Unis faisant sortir le président du Venezuela de son lit, puis s’est poursuivie avec Donald Trump réclamant le Groenland, avant que les tensions ne s’accentuent parce que l’Europe n’était pas disposée à le soutenir. Sans oublier, bien sûr, le début de la guerre en Iran. Dans l’ensemble, plusieurs risques géopolitiques ont pesé sur les marchés.
Cependant, le crédit s’est comporté avec beaucoup de calme, et les spreads sont restés serrés cette année, ne s’élargissant que durant les premiers jours de la guerre en Iran. Les marchés des obligations d’Etat ont été plus volatils, dans un contexte de nouvelle hausse de l’inflation. Nous ne savions pas combien de temps le détroit d’Ormuz resterait fermé; les craintes inflationnistes ont alors commencé à s’intensifier et ont influencé la perception du marché quant aux prochaines décisions probables des banques centrales en Europe et aux Etats-Unis.
A l’approche du second semestre, de nombreux gestionnaires d’actifs — nous y compris — gèrent des portefeuilles assez prudents et privilégient les actifs de meilleure qualité. Ils conservent également une allocation raisonnable aux liquidités. Par ailleurs, les nouvelles émissions arrivant sur les marchés primaires sont solides: banques, compagnies d’assurance et entreprises affichent une situation saine, mais dans un environnement macroéconomique où l’inflation semble rester élevée et où la croissance régionale, par exemple dans la zone euro, demeure modérée.
Une grande partie de la volatilité récente s’est concentrée sur le marché des obligations d’Etat, tandis que les spreads sont restés contenus et ne se sont élargis que de manière raisonnable au début du conflit en Iran. Cet élargissement a toutefois été moins marqué que l’an dernier lors du Liberation Day.
La volatilité du second mandat du président Trump n’a pas récompensé la stratégie consistant à vendre les actifs risqués au moment où cette volatilité apparaissait, puis à les racheter plus tard. Les gestionnaires d’actifs maintiennent également des portefeuilles assez prudents, la plupart — nous compris — détenant des actifs de meilleure qualité et une allocation raisonnable aux liquidités. Les marchés du crédit ont fait preuve d’une grande résilience face à toute la volatilité observée jusqu’à présent.
Principaux thèmes
Nous nous attendons à ce que les risques géopolitiques restent élevés. L’administration Trump est beaucoup plus agressive qu’elle ne l’était durant son premier mandat. Elle examine déjà comment imposer de nouveaux droits de douane. En outre, la guerre en Ukraine se poursuit et l’accord de trêve en Iran demeure fragile.
Au-delà de ces éléments, la sécurité énergétique constituera un facteur important à long terme. Cela vaut particulièrement pour l’Europe, comme nous l’avons déjà vu avec la guerre en Ukraine, puis à nouveau avec la fermeture du détroit d’Ormuz. L’Europe doit agir davantage pour diversifier son approvisionnement et recourir à d’autres sources d’énergie.
Il y a ensuite les avancées de l’intelligence artificielle. Le développement rapide de la technologie en général et le besoin croissant en puces, dont la plupart proviennent de Taïwan, ont des répercussions partout, notamment dans le secteur des logiciels. Cela pourrait entraîner une hausse des défauts dans ce secteur et remettre le crédit privé au centre de l’attention.
Enfin, la situation budgétaire des pays développés reste un enjeu majeur. Les ratios dette/PIB sont très élevés et continuent d’augmenter, car tous ces pays enregistrent des déficits. La productivité ne s’est toujours pas beaucoup améliorée dans certains pays, même si elle pourrait progresser grâce aux technologies liées à l’IA. Les gouvernements doivent toutefois reprendre en main leur situation budgétaire et commencer à vivre selon leurs moyens. Si un ménage emprunte constamment de l’argent sans gagner suffisamment pour le rembourser, son prêteur finira par dire non. La même chose pourrait se produire dans l’un de ces pays développés: les investisseurs pourraient cesser d’acheter leurs obligations ou, à tout le moins, exiger une hausse des rendements que ces pays doivent payer.