DWS: perspectives de marché - octobre 2026

Vincenzo Vedda & Sabrina Reeh, DWS

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«Nous restons optimistes quant aux actions pour le quatrième trimestre», déclare Vincenzo Vedda, stratège en chef des investissements.

Marché et macro

Vincenzo Vedda, Global Chief Investment Officer

La dynamique positive des bénéfices devrait continuer à soutenir les actions, malgré des rendements obligataires élevés

«Nous restons optimistes quant aux actions pour le quatrième trimestre», déclare Vincenzo Vedda, stratège en chef des investissements. Il fonde son analyse sur deux facteurs: l’évolution toujours favorable attendue des bénéfices des entreprises et une croissance économique robuste.

Les estimations concernant l’évolution des bénéfices des entreprises sont particulièrement remarquables: pour le MSCI World, les prévisions de bénéfices à douze mois ont été revues à la hausse pour chaque secteur, une première depuis cinq ans. Le revers de la médaille: le risque de déception est élevé. Si la dynamique des bénéfices s’avérait plus faible que prévu, cela pourrait peser sur le marché boursier. Vedda identifie trois autres facteurs de risque: premièrement, les rendements obligataires élevés, qui ont entraîné une augmentation de la pression sur les valorisations dans de nombreux segments de marché. Aux États-Unis, les rendements des obligations d’État à dix ans ont dépassé les 5%, un niveau jusqu’ici considéré comme critique pour une évolution positive du marché boursier. Le deuxième risque, qui n’est pas tout à fait nouveau non plus, est la forte concentration des hausses de cours dans le secteur technologique, qui semble se poursuivre sans relâche. Ainsi, on s’attend à ce que, pour l’indice américain S&P 500, environ 50% de la croissance prévue des bénéfices pour le troisième trimestre 2026 soit attribuable à des investissements dans les infrastructures d’intelligence artificielle.

Vedda identifie un troisième risque dans un éventuel fléchissement de la propension à consommer face aux prix élevés de l'énergie. «Tant que le conflit entre les États-Unis et l'Iran ne sera pas résolu, il ne faudra pas lever la garde», déclare Vedda.

Conjoncture: les États-Unis et l'Allemagne surprennent positivement 

  • Surprise positive: la croissance du produit intérieur brut américain pour le deuxième trimestre a été révisée à la hausse, passant de 1,5% à 2,2%. La consommation, en particulier, s'est révélée plus solide que prévu.
  • Meilleur que prévu: l’indice ifo de septembre, un indicateur mensuel du climat économique allemand, montre que la situation en Allemagne est actuellement meilleure que l’image véhiculée dans l’opinion publique. L’amélioration est particulièrement marquée dans l’industrie manufacturière.

Inflation: les prix élevés de l'énergie maintiennent les taux d'inflation nettement au-dessus de l'objectif des banques centrales

  • Les États-Unis doivent continuer à faire face à des hausses de prix bien supérieures à l'objectif d'inflation de 2%. Actuellement, le taux d'inflation en glissement annuel s'élève à 3,4%. Toutefois, la pression sur les prix semble s'être quelque peu atténuée ces derniers temps.
  • En Allemagne, le taux d’inflation a grimpé à 3,3% en septembre (contre 2,9% en août) en raison de la hausse des prix de l’énergie.

Banques centrales: de nouvelles hausses des taux d’intérêt ne sont pas acquises

  • Les dernières données économiques américaines corroborent l’idée d’une économie américaine robuste, mais qui ne présente pas de signes de surchauffe. La Réserve fédérale américaine (Fed) devrait continuer à agir avec prudence.
  • Dans la zone euro, les fortes hausses des rendements sur les marchés obligataires, qui contribuent déjà à un durcissement des conditions de financement, rendent selon nous peu probable une hausse des taux d’intérêt en octobre.

Risques: poursuite de la hausse des rendements sur les marchés obligataires

  • Une nouvelle hausse des rendements des obligations d'État pourrait mettre sous pression les valorisations sur les marchés boursiers, qui ont jusqu'à présent bien résisté à cette hausse des rendements.
  • L'évolution de la situation en France, où les primes de risque sur les obligations d'État ont atteint de nouveaux sommets, car aucune consolidation budgétaire ne semble se profiler, recèle notamment un risque potentiel.

Actions

Sabrina Reeh, gestionnaire de fonds

Actions allemandes: des opportunités sous-estimées grâce à l’intelligence artificielle physique

Quelle sera la prochaine évolution de l’indice de référence allemand, le DAX? Cette année, il fait plutôt figure de retardataire au niveau international. La gestionnaire de fonds Sabrina Reeh voit néanmoins des raisons d’être optimiste. «L’amélioration des indicateurs économiques avancés pour l’Allemagne est, à notre avis, bien plus qu’un simple regain de confiance à court terme. Après plusieurs années de faiblesse économique, nous observons les premiers signes d’une stabilisation.» Mme Reeh souligne les opportunités générées par les grands programmes d’investissement publics. L’ampleur de ces investissements ne s’est pas encore pleinement répercutée sur l’économie. Mme Reeh: «Cela suggère que nous sommes plutôt au début qu’à la fin de ce cycle d’investissement.» C’est pourquoi Mme Reeh voit, au sein du marché boursier allemand, des opportunités intéressantes de générer un rendement supplémentaire par rapport à l’évolution générale du marché grâce à des décisions d’investissement ciblées. Pour l’évolution globale du DAX, le cycle conjoncturel et d’investissement mondial reste toutefois déterminant.

Les bénéfices des entreprises du DAX auraient récemment évolué nettement mieux que ne le laisserait supposer le climat morose. De plus, le marché boursier allemand est aujourd’hui nettement plus diversifié qu’il y a dix ans. «L’importance des infrastructures, de l’électrification, des logiciels, de l’automatisation et des technologies industrielles s’est considérablement accrue», explique Mme Reeh. La gestionnaire de fonds estime que le DAX est nettement plus impliqué dans les cycles technologiques et d’investissement que ne le pensaient probablement de nombreux investisseurs. Le domaine de l’intelligence artificielle (IA) physique, en particulier, devrait receler un énorme potentiel. Alors que de nombreux investisseurs associent principalement l’IA aux centres de données ou aux modèles linguistiques, l’IA physique consiste à faire en sorte que les logiciels, les capteurs, la robotique et les machines prennent en charge des tâches concrètes. «L’Allemagne compte de nombreuses entreprises de premier plan dans les domaines de l’automatisation, des logiciels industriels, des capteurs, des technologies d’entraînement et des équipements industriels, et figure parmi les pays présentant la plus forte densité de robots au monde», explique Mme Reeh. Cela en fait non seulement un fournisseur important, mais aussi un utilisateur naturel de ces technologies. «La combinaison de la puissance industrielle, de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et d’un niveau d’automatisation élevé pourrait faire de l’Allemagne l’un des principaux bénéficiaires de l’IA physique», ajoute Mme Reeh. Pour que les actions allemandes puissent afficher une bonne performance, la conjoncture mondiale, qui a plus d’influence que la conjoncture allemande, doit toutefois y contribuer. «Si le cycle d’investissement mondial reste solide, de nombreuses entreprises allemandes devraient en tirer des bénéfices supérieurs à la moyenne», affirme Mme Reeh avec conviction.

Actions américaines: la forte croissance des bénéfices devrait continuer à soutenir les cours

  • Les cours des actions américaines devraient continuer à bénéficier du soutien apporté par la forte croissance des bénéfices, les investissements liés à l’IA et des données de production solides.
  • La persistance des pressions inflationnistes, le ralentissement de la consommation ainsi que l’expiration des mesures de relance budgétaire constituent des facteurs de risque potentiels.

Actions allemandes: les signes de reprise économique se multiplient

  • Les dépenses publiques, les exportations et les premiers signes de stabilisation dans le secteur manufacturier améliorent les perspectives de l’économie allemande et, par conséquent, celles des actions allemandes.
  • Toutefois, les actions allemandes restent fortement dépendantes de l’évolution de la conjoncture mondiale.

Actions européennes: les valeurs de second rang européennes sont privilégiées

  • En Europe, les données économiques ont récemment évolué de manière positive. Il reste à voir si cette amélioration économique pourra également entraîner des afflux de capitaux durables et une demande plus forte des investisseurs pour les actions européennes.
  • Nos favoris sont actuellement les valeurs de second rang européennes, qui devraient bénéficier de la reprise du secteur industriel et qui sont en outre faiblement valorisées.

Japon: l'économie fait preuve de résilience et bénéficie des investissements dans l'IA 

  • Nous maintenons notre opinion positive sur les actions japonaises. La situation commerciale des entreprises n'a jamais été aussi bonne depuis les années 1990. L'économie continue de bénéficier d'un cycle d'investissement solide, porté par l'intelligence artificielle (IA).
  • Un yen plus fort, une hausse des prix de l'énergie ou un ralentissement des investissements mondiaux dans l'intelligence artificielle pourraient avoir un impact négatif.

Obligations

Les obligations d'État américaines offrent de belles perspectives après la hausse des taux

Après la récente hausse des taux, nous estimons que les obligations d'État américaines sont à nouveau plus attractives. À notre avis, les marchés anticipent un resserrement de la politique monétaire par la Réserve fédérale américaine plus marqué que ne le laisse entrevoir notre analyse conjoncturelle. Parallèlement, une croissance plus faible et un fléchissement des pressions inflationnistes pourraient soutenir les cours des obligations d'État américaines. En Europe, le tableau est plus contrasté. Les inquiétudes concernant les finances publiques françaises ont entraîné une hausse des primes de risque de nombreux pays par rapport aux obligations d’État allemandes. Ces dernières ont en revanche bénéficié de leur statut de valeur refuge. Nous voyons également des opportunités de rendement intéressantes dans les obligations d’entreprises européennes de bonne qualité. De faibles fluctuations de cours, des fondamentaux solides et un volume d’émissions nouvelles maîtrisable plaident en faveur de cette classe d’actifs. À cela s’ajoutent des rendements courants attractifs et des afflux de capitaux soutenus. Si la volatilité des taux d’intérêt s’atténue, la demande pourrait encore s’accroître. Les obligations européennes à haut rendement présentent également des valorisations plus intéressantes après la correction de septembre, qui a entraîné une hausse de la prime de risque d’environ 50 points de base par rapport aux obligations d’État – cent points de base correspondant à un point de pourcentage. L’amélioration des perspectives économiques et des taux d’intérêt, ainsi qu’une demande toujours solide, jouent également en leur faveur. Les risques résident dans un resserrement de la politique monétaire mondiale et dans l’augmentation des nouvelles émissions.

Devises

Euro/dollar: la faiblesse de l'euro ne devrait être que temporaire 

  • Au cours des dernières semaines, l'euro s'est nettement affaibli face au dollar. Cette évolution s'explique probablement par la politique plus restrictive de la Réserve fédérale américaine et par l'élargissement de l'écart entre les taux d'intérêt à court terme.
  • À plus long terme, nous prévoyons toutefois un regain de vigueur de l'euro, notamment parce que l'écart de rendement devrait plutôt se resserrer.

Placements alternatifs

Or: à court terme, les rendements obligataires élevés pèsent sur les cours; à long terme, le prix devrait remonter 

  • La hausse des rendements des obligations d'État américaines a récemment mis le cours de l'or sous pression. Contrairement aux investisseurs institutionnels, les investisseurs particuliers se sont montrés réticents à acheter.
  • Le cours de l’or pourrait éventuellement retester à court terme le seuil des 4000 dollars l’once troy. À plus long terme, nous voyons toutefois un potentiel de hausse significatif, qui devrait notamment être soutenu par une demande accrue de la part des banques centrales.

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