Suisse: UBS table sur un recul de 4,6% du PIB en 2020

AWP

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Les aides publiques et le chômage partiel devraient permettre d’absorber une partie de l’impact et la conjoncture pourrait rebondir dès la fin de l’année, selon les économistes.

L’économie suisse va faire les frais des mesures de lutte contre le coronavirus. Mais les aides publiques et le chômage partiel devraient permettre d’absorber une partie de l’impact et la conjoncture helvétique pourrait rebondir dès la fin de l’année.

Les économistes de la banque UBS ont fortement révisé en baisse leurs prévisions pour la Suisse. La banque aux trois clés table désormais sur une chute de 4,6% du produit intérieur brut (PIB) helvétique cette année, alors que dans leurs précédentes estimations fin mars, les experts s’attendaient encore à un repli de 1,3%.

«La lutte contre le coronavirus a largement paralysé l’économie sur la planète entière», a indiqué l’économiste en chef de l’établissement zurichois, Daniel Kalt, dans une étude publiée lundi.

Les mesures de confinement en Suisse et ailleurs dans le monde «plongeront l’économie mondiale dans ce qui est probablement la première récession ordonnée par les pouvoirs publics de l’histoire économique moderne», a-t-il poursuivi.

Fermeture des magasins oblige, la consommation privée s’est effondrée et devrait reculer de 5,5% sur l’ensemble de l’année.

Achats compulsifs

Dans le commerce de détail, les ventes du secteur non alimentaire sont attendues en baisse de 20% sur l’ensemble de l’année, selon une étude de Credit Suisse. Près de 33’000 magasins ont dû fermer temporairement en Suisse, selon les statistiques de l’OFS, qui estime que 173’000 salariés ont fait les frais de ces mesures.

Le commerce de détail alimentaire a pour sa part bénéficié d’achats compulsifs, comme en témoignent les rayons vides pour certaines denrées de première nécessité. Néanmoins, l’impact devrait être limité sur les chiffres d’affaires, dans la mesure où ces types de produits sont relativement bon marché.

Les économistes de Credit Suisse projettent un bond de 30% des ventes en ligne sur un an, correspondant à une hausse de 3 milliards de francs. L’institut d’étude GfK estime qu’en 2019, le commerce en ligne représentait 9% du commerce de détail suisse.

Les entreprises vont également marquer le pas, avec des investissements attendus en baisse de 4,8% et des exportations en repli de 10,2%.

La pandémie de COVID-19 ne va pas pour autant chambouler le paysage économique helvétique, mais accélérer un mouvement déjà enclenché avant la crise, ont estimé les spécialistes d’UBS lors d’une conférence téléphonique.

Le commerce de détail et le secteur des services à la personne ainsi que les médias sont les plus affectés par la situation, suivis par le tourisme et les loisirs. L’industrie des machines et de l’électronique, habituée aux chocs conjoncturels, devrait par contre limiter les dégâts.

Les gagnants de la crise sont clairement les domaines de la santé, des télécoms et de l’industrie pharmaceutique et chimique.

Le taux de chômage devrait monter cette année à 4,0%, après 2,9% au mois de mars et 2,3% en 2019. Mais les mesures de chômage partiel déploient leur effet, avec 1,85 million de demandes effectuées par les employeurs. Actuellement, 1200 à 1500 personnes par jour se déclarent au chômage, contre 1200 en temps normal. Mais hors situation de crise, l’économie suisse crée aussi 1300 emplois par jour, ce qui n’est pas le cas en ce moment.

«Le problème est le manque de créations de postes, pas les suppressions d’emplois», a dit M. Kalt.

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