La livre dévisse, pénalisée par les craintes d’un Brexit sans accord

AWP

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Vers 21h, la devise britannique perdait 1,35% face au billet vert, à 1,2988 dollar. Face à l’euro, elle perdait 1,02%, à 90,68 pence.

La livre baissait fortement mardi face aux principales devises, après avoir déjà souffert lundi et tandis que les négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’Union européenne sur un accord commercial post-Brexit restaient dans l’impasse.

Vers 19H00 GMT (21H00 à Paris), la livre perdait 1,35% face au billet vert, à 1,2988 dollar. Face à l’euro, elle perdait 1,02%, à 90,68 pence.

La veille, elle avait déjà perdu 0,85% et 0,68% face aux deux monnaies.

«Il semble que le Brexit soit en train de déraper (...) Le directeur des services juridiques du gouvernement britannique a démissionné du fait de désaccords avec Boris Johnson», a commenté Sebastien Clements, analyste pour OFX, en citant une information du Financial Times.

Selon le quotidien, Jonathan Jones a pris la décision de partir en raison de la volonté du gouvernement de réviser la partie de l’accord sur le Brexit dédiée à l’Irlande et conclue l’année dernière.

Ce texte que Boris Johnson souhaite remanier vise à garantir l’absence de frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, membre de l’UE, et à éviter la résurgence de tensions dans cette région, ensanglantée par trois décennies de «Troubles» jusqu’à la signature de l’accord de paix du Vendredi saint en 1998.

La possibilité de modifier ce texte a fait bondir les Européens et leur négociateur en chef Michel Barnier, pour qui «tout ce qui a été signé dans le passé doit être respecté».

Le dialogue entre les deux parties s’est en outre tendu ces derniers jours, mettant sous pression la devise britannique, dont le cours suit l’évolution des pronostics sur les chances d’un accord commercial.

Quelques heures avant l’arrivée à Londres de Michel Barnier pour des pourparlers qui devaient débuter à 12H30 GMT et se poursuivre jusqu’à jeudi, le négociateur britannique David Frost a appelé l’UE à «faire preuve de plus de réalisme sur le statut de pays indépendant» du Royaume-Uni.

«Nous ne pouvons plus nous permettre de ressasser les mêmes choses» après «six mois de dialogue», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le Premier ministre Boris Johnson a averti de son côté que faute de compromis d’ici au sommet européen du 15 octobre, il se satisferait d’un «no deal» malgré les risques de dégâts économiques en période de crise historique en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

De son côté, le dollar profitait de son statut de valeur refuge et de l’aversion pour le risque sur l’ensemble des marchés financiers, symbolisée par la nouveau plongeon de Wall Street.

Le dollar index, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier d’autres devises, progressait de 0,81%.

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