Bonds Europe: tension sur le taux d’emprunt de l’Italie

AWP

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Le taux d’emprunt a 10 ans de l’Italie a terminé sur une progression à 2,888% contre 2,859% mercredi soir.

Le taux d’emprunt italien s’est un peu tendu jeudi, les investisseurs se montrant inquiets au sujet du budget italien, à quelques heures de sa présentation.

«Le marché se concentre sur le chiffre (ratio déficit public/PIB) qui va sortir», a commenté auprès de l’AFP Jean-Christophe Machado, un stratégiste obligataire de Natixis.

D’âpres négociations ont eu lieu au sein de la coalition gouvernementale, composée du M5S (antisystème) et de la Ligue (extrême droite), pour définir le niveau du déficit public du budget 2019.

De source parlementaire proche du gouvernement, on indiquait mardi que le déficit devrait s’élever à 1,8-1,9% du PIB, contre 0,8% prévu par le précédent gouvernement de centre-gauche.

Toutefois, le leader du M5S et vice-Premier ministre, Luigi Di Maio, fait pression sur le ministre des Finances Giovanni Tria pour accroître le déficit afin de financer certaines promesses de son parti. Selon la presse, il militait dans les dernières heures pour 2,4%.

L’autre vice-Premier ministre, Matteo Salvini, patron de la Ligue, s’est montré un peu plus modéré, mais a jugé jeudi «juste de dépasser les 2%».

«Le marché a l’impression que MM. Salvini et Di Maio poussent vraiment en faveur d’un déficit plus important et que M. Tria est un peu seul à défendre la ligne d’un budget qui pourrait ne pas heurter les sentiments de l’Europe et des investisseurs», a décrypté M. Machado.

Alors que la presse italienne avait évoqué 18H00 (16H00 GMT), le conseil des ministres est finalement convoqué à 20H00 (18H00 GMT), selon un communiqué du palais Chigi, avec une annonce prévue ensuite.

Dans l’attente de cette présentation, le taux d’emprunt italien a connu une séance agitée, en raison notamment de rumeurs.

Jeudi matin, la presse italienne spéculait sur la démission probable du ministre des Finances. De source proche du ministère, on a toutefois assuré que ce dernier n’a nullement l’intention de quitter son poste.

«Pour le moment, les mouvements se concentrent sur l’Italie, l’Espagne et le Portugal ont bien résisté», a précisé M. Machado. 

Dans ce contexte, le reste de l’actualité passait au second plan.

Les taux d’emprunt des pays les plus solides de la zone euro restaient imperturbables.

A la clôture du marché à 18H00 (16H00 GMT), le taux d’emprunt a 10 ans de l’Italie a progressé à 2,888% contre 2,859% mercredi à la fin de la séance sur le marché secondaire, où s’échange la dette déjà émise.

En revanche, le rendement de même maturité de l’Allemagne était stable à 0,529% contre 0,526%.

Celui de la France a suivi la même tendance à 0,846% contre 0,843%.

Le taux d’emprunt de l’Espagne s’est légèrement détendu à 1,505% contre 1,523% et celui du Portugal à 1,868% contre 1,897%.

En dehors de la zone euro, le taux d’emprunt britannique à dix ans a très légèrement progressé à 1,598% contre 1,593%.

A la clôture des marchés européens, le taux d’emprunt à 10 ans des États-Unis se tendait à 3,068% contre 3,048% mercredi, tout comme celui à 30 ans à 3,202% contre 3,181%. Le taux à deux ans s’établissait pour sa part à 2,831% contre 2,815%.

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