Les marchés boursiers mondiaux vont de l’avant mardi, avec de nouveaux records à Wall Street grâce à la tech, sur fond de baisse des prix du pétrole et des taux d’intérêt des obligations souveraines.
Après un record en clôture la veille, le Nasdaq grimpait de 0,83% avec un nouveau sommet en séance, à 27’722 points.
L’indice élargi S&P 500 (+0,85%) a aussi connu un nouveau plus haut historique, à 7844 points, tandis que le Dow Jones s’octroyait 0,68%.
Les marchés américains profitent d’un engouement renouvelé pour l’IA. Nvidia, tête d’affiche du secteur, prenait encore 1,06% et voyait sa capitalisation boursière atteindre 5800 milliards de dollars, s’approchant du seuil des 6000 milliards de dollars.
«Les perspectives de croissance exceptionnelles du secteur continuent d’éclipser les récents signaux d’alerte (...) au-delà de ce que beaucoup anticipaient», explique Antoine Andreani, analyste chez XTB France.
En Europe, les marchés boursiers ont aussi avancé: Paris a pris 0,40%, Londres 0,42% et Francfort 0,77%. Milan a pris 0,87%.
Les investisseurs ont profité d’un recul des prix du pétrole, le marché se montrant rassuré par la remontée continue des volumes d’exportations en provenance du Moyen-Orient, malgré le blocage du détroit d’Ormuz.
«Les données de suivi des navires ont montré que les exportations de brut du Moyen-Orient ont continué de se redresser jusqu’à la dernière semaine de septembre», ont relevé les analystes de Natixis.
Vers 15H50 GMT, le Brent de la mer du Nord évoluait à nouveau sous la barre des 100 dollars, à 98,36 dollars (-1,95%). Son équivalent nord américain, le WTI, perdait également 1,42%, à 88,16 dollars.
Accalmie sur les taux souverains
Cette accalmie sur les prix du pétrole fait reculer partout les rendements obligataires des grandes économies. La hausse des prix du brut alimente en effet depuis plusieurs mois l’inflation, mettant sous pression les dettes des Etats.
En Europe, le rendement à échéance dix ans de la dette allemande, référence sur le continent, reculait à 3,47%, contre 3,49% la veille en clôture. Son équivalent français chutait de 0,10 point de pourcentage, à 4,75% par rapport à lundi.
Une éclaircie pour la France, qui subit depuis plusieurs semaines la défiance des marchés, ce qui a fait flamber ses taux d’intérêt, sur fond de blocage politique avant les discussions au Parlement sur le budget 2027 et quelques mois avant une élection présidentielle.
Ce recul s’explique par ailleurs par «de mauvais indicateurs économiques en Allemagne et en Espagne», selon Patrick Barbe, responsable de la gestion obligataire européenne chez Neuberger.
Les commandes industrielles allemandes ont en effet chuté plus fortement que prévu en août, selon des chiffres officiels publiés mardi, illustrant la fragilité de la reprise de la première économie européenne.
Et en Espagne, la production manufacturière a grimpé de 1,5% seulement, une croissance au ralenti par rapport aux 2,5% du mois précédent.
Or, «si l’activité ralentit en Allemagne et en Espagne, la Banque centrale européenne (BCE) sera moins encline à encore relever ses taux, ce qui permet de relâcher la pression sur la France», dont le déficit et la dette sur PIB sont parmi les plus importants en Europe, ajoute-t-il.
Néanmoins, la menace du ralentissement de l’économie «pourrait devenir un problème pour le marché, alors qu’on voyait pour l’instant une activité résiliente malgré les crises», selon Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés pour IG France.
Aux Etats-Unis aussi, le rendement à échéance dix ans reculait, à 5,25%, contre 5,31% la veille en clôture.
Les marchés attendent mercredi la publication du compte rendu (minutes) de la dernière réunion de la banque centrale américaine (Fed), lors de laquelle l’institution a augmenté ses taux pour la première fois depuis 2023.
Constellation Energy s’envole
L’opérateur de centrales nucléaires Constellation Energy s’envolait de 13,67% à Wall Street, après avoir conclu avec Alphabet un partenariat à long terme. Les géants du numérique ont d’importants besoin en énergie pour faire fonctionner leurs centres de données liés à l’IA.