Banco Santander: gain amputé par le Brexit mais meilleur que prévu

AWP

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Le résultat net 2019 chute de 17% pour s’établir à 6,5 millions d’euros. Il dépasse cependant les prévisions des analystes et le titre décolle.

La banque espagnole Banco Santander, première banque de la zone euro par capitalisation, a vu son bénéfice net fortement chuter en 2019, après avoir dû déprécier de 1,5 milliard d’euros sa filiale britannique chahutée par le Brexit.

Le résultat net a chuté de 17% pour s’établir à 6,5 millions d’euros. Il dépasse cependant les prévisions des analystes, provoquant une hausse du titre à la Bourse de Madrid, d’environ 4,8% vers 14H45 GMT.

En outre, la banque a réaffirmé ses objectifs à moyen terme de croissance du bénéfice par action et prévoit une hausse du dividende par action versé en liquide en 2019, des annonces appréciées des investisseurs.

Banco Santander a expliqué avoir dû faire face à des charges d’un montant total de 1,7 milliard d’euros, «principalement dues à la dépréciation du fonds de commerce au Royaume-Uni» de près de 1,5 milliard d’euros, annoncée au trimestre précédent, ainsi qu’à des «coûts de restructuration dans plusieurs marchés», notamment en Espagne où le groupe est en train de supprimer 3.200 emplois.

Le groupe avait expliqué en septembre que la dépréciation reflétait «l’impact que l’incertitude liée au Brexit a eu sur la croissance britannique», ainsi que les «impacts négatifs du Banking Reform Act», qui impose la séparation entre banques de détail et d’investissement au sein des groupes bancaires.

Le Royaume-Uni, autrefois premier marché de Santander, n’a cessé de voir fondre son importance pour la banque depuis le référendum sur le Brexit en 2016.

Il représente désormais 11% des profits contre 28% pour le Brésil, devenu premier marché.

Restructurations

Le Brexit «reste un des plus gros cailloux qui sont en ce moment dans la chaussure d’Ana Botin», la présidente de la banque, résume dans une note l’analyste de IG Aitor Mendez.

Si on regarde seulement la filiale britannique, «nous sommes une banque anglaise et nous sommes donc très liés à l’économie anglaise, qui n’est plus aussi forte qu’il y a quelques années», a reconnu Mme Botin lors d’une conférence de presse.

Mais «nous avons beaucoup travaillé et nous sommes prêts à prendre en charge nos clients quel que soit le scénario de mise en oeuvre du Brexit», a-t-elle promis.

La banquière a souligné que «peu de banques européennes sont capables de faire croître leurs revenus» dans un contexte de taux d’intérêt au plus bas, alors que le produit net bancaire, équivalent du chiffre d’affaires de la banque, a progressé de 2,7% en 2019 sur un an, à 35,3 milliards d’euros.

Une performance attribuée à sa «transformation commerciale et numérique», qui a notamment permis d’augmenter le nombre de clients ayant Santander comme banque principale et de ceux utilisant les services en ligne (+5 millions).

Le chiffre d’affaires «numérique» représente désormais 36% du total, permettant une baisse des coûts et une meilleure rentabilité, a expliqué Mme Botin.

La baisse des coûts provient aussi des grandes restructurations en cours en Espagne et au Royaume-Uni. Au total, la banque a réduit de près de 10% le nombre de ses agences dans le monde en 2019 et d’environ 3% ses effectifs.

La diversification géographique de Santander lui a permis de compenser une chute de 3% de ses profits en Europe, due principalement à la fonte de 15,3% des bénéfices au Royaume-Uni.

Les profits ont grimpé de 31% aux Etats-Unis grâce à la hausse des volumes de crédits, «qui ont compensé les baisses de taux d’intérêts», et ont progressé de 13% au Brésil.

Au quatrième trimestre, la banque a vu son bénéfice net grimper de 35%, à près de 2,8 milliards d’euros, grâce à une plus-value de près de 700 millions d’euros tirée de la revente, finalisée en décembre, de sa filiale de conservation d’actifs S3 au Crédit Agricole, ainsi qu’à un changement de politique fiscale au Brésil à l’avantage de la banque, qui en a retiré 550 millions d’euros.

Le taux de fonds propres durs de la banque (CET1 fully loaded), qui mesure sa solidité financière, a augmenté à 11,65% fin 2019, contre 11,30% fin 2018