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DWS

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Graphique de la semaine de DWS. La seule croissance économique ne permet pas de prédire les tendances boursières.


©Keystone

Certains analystes aiment à établir un lien direct entre taux de croissance économique et rendements probables des marchés boursiers. La réalité est bien plus compliquée. Tout d’abord, les investisseurs s'intéressent davantage aux bénéfices des entreprises qu'à l’ensemble d’une économie. Au niveau national, les bénéfices augmentent - ou diminuent – à un rythme différent de celui du pays, en fonction de l'évolution de la rentabilité de chaque entreprise. C'est particulièrement vrai en temps de tournant cyclique. Dans la dernière phase du cycle économique, il n'est pas rare que de faibles taux de chômage créent une pression salariale que les entreprises ne réussissent pas à absorber. L'économie peut alors encore croître - voire surchauffer - alors que la progression des bénéfices s’essouffle déjà. Une économie nationale a moins d’impact encore sur les multinationales dont les ventes et les profits se font en dehors de leur pays d'origine. Et, bien sûr, la composition sectorielle d’un marché boursier joue aussi un rôle. 

La France a mieux géré la Grande Récession en 2009.
L’Allemagne a finalement réussi à rattraper son retard dès 2014.

Pour illustrer ces points, notre «Graphique de la semaine», compare la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) en France et en Allemagne et leurs marchés boursiers sur les 20 dernières années. A partir de 2002, la France a connu une croissance économique plus rapide que l'Allemagne, mais dès 2005, sa progression a été relativement plus lente. La France a été mieux à même de faire face à la Grande Récession en 2009. L'Allemagne a finalement réussi à rattraper son retard en 2014 et à dépasser la France depuis. En revanche, les actions françaises (mesurées par les indices MSCI des deux pays) se sont mieux comportées jusqu'à fin 2006, avant de connaître une longue baisse soutenue. Ce n'est qu'au cours des deux dernières années que cette tendance s'est sensiblement inversée lorsque l'économie française a recommencé à surperformer l'économie allemande. 

Les tendances des marchés boursiers de ces deux pays reflètent simultanément la croissance économique et la croissance des bénéfices. L'économie et la bourse allemandes sont beaucoup plus dépendantes des exportations cycliques, avec des pondérations élevées pour l'industrie, les constructeurs automobiles et les produits chimiques. Les banques et les compagnies d'assurance restent également plus fortement représentées à Francfort qu'à Paris. Le marché français est plus équilibré et plus défensif, avec des poids supérieurs pour les biens de consommation à marge élevée, grâce à des marques françaises fortes. Ces dernières sont généralement très en demande en période de ralentissement économique imminent. Ce qui montre que les investisseurs doivent être prudents lorsqu'ils tentent d’anticiper un marché boursier à partir du seul taux de croissance économique national.