Vers une première stabilisation en Chine?

Marc Brütsch, Swiss Life Asset Managers

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L’économie chinoise devrait continuer de ralentir, mais sans recul brutal, alors que les prévisions de croissance japonaise sont revues en baisse.


©Keystone

Les exportations chinoises ont agréablement surpris, leur bond de 9,1% en janvier succédant au repli de 4,4% enregistré en décembre. Ce sursaut ne semble pas refléter une tendance durable, mais plutôt une déformation due au Nouvel An chinois, qui a eu lieu plus tôt cette année, ce qui explique le regroupement des livraisons de marchandises sur le mois de janvier. Nous pensons que la croissance des exportations restera morose en raison des effets de la concentration des ventes aux Etats-Unis avant le relèvement des droits de douane et de la modération des indices PMI des principaux partenaires commerciaux du pays, signe d’une modération de la demande. 

Pékin devrait intensifier les mesures de relance budgétaire et monétaire.

L’économie chinoise devrait continuer de ralentir au premier trimestre, mais sans recul brutal selon nous, car le gouvernement devrait intensifier les mesures de relance budgétaire et monétaire. L’agrégat du crédit chinois au sens large était déjà en hausse en janvier grâce au redressement des prêts bancaires et des émissions obligataires des collectivités locales résultant des mesures d’assouplissement.

Touché par le cycle industriel au Japon

Le Japon a été durement touché par l’infléchissement du cycle industriel mondial: le pays a fini 2018 au même niveau de PIB qu’un an plus tôt, en raison principalement des exportations nettes. La balance commerciale est passée dans le rouge pour la première fois depuis 2015. Face à un niveau de départ plus faible qu’attendu, nous avons réduit nos prévisions de croissance 2019, à 0,7%, un peu en dessous de la croissance potentielle. 

La consommation japonaise devrait bénéficier
du regroupement des achats en prévision du relèvement d’une taxe.

En revanche, la demande intérieure résiste plutôt bien et les enquêtes auprès des entreprises dénotent un fossé entre l’optimisme du secteur des services et le pessimisme de l’industrie. Ces prochains mois, la consommation devrait bénéficier du regroupement des achats en prévision du relèvement de la taxe sur la consommation prévu pour octobre. Une détente des tensions commerciales (surtout l’abandon des droits de douane américains sur les automobiles) couplée à des signes de stabilisation de l’économie chinoise seront nécessaires pour relever le moral des entreprises industrielles. 

 

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