Vague de pertes pour les émergents: encore combien de temps?

Matthias Jenzer, Quilvest

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La Chine a sous le coude un arsenal assez puissant pour contrer une intensification de la crise économique.

Dollar fort, taux d’intérêt élevés, querelles politiques, guerre commerciale larvée: tous les indica-teurs restent défavorables pour les marchés financiers des pays en développement. N’entrevoyant guère de lumière au bout du tunnel, les investisseurs tournent de plus en plus le dos au marché. 

Les États-Unis n’avaient plus connu une telle prospérité depuis bien longtemps. Gonflée à bloc par une vigueur économique qui ne se dément pas, la Fed déborde d’optimisme et escompte encore une hausse des taux pendant la majeure partie de l’année prochaine. Et comme si cela ne suffisait pas, le président américain poursuit sans relâche sa lutte contre les pratiques commerciales chinoises. Les réussites engrangées avec le Mexique et le Canada insufflent en outre un nouvel élan bienvenu à la veille des fameuses élections législatives de mi-mandat aux États-Unis. 

Mais le bonheur des uns fait le malheur des autres. Les différentes tendances sur les marchés des actions en sont une illustration frappante. Alors que les États-Unis atteignent de nouveaux sommets, le reste du monde vacille. Tout au fond du classement national se trouvent les marchés des pays émergents. Bon nombre de ces pays souffrent de fuites de capitaux croissantes malgré de bonnes performances économiques.  

Après l’euphorie, bientôt la désillusion?

Cette année est assurément exceptionnelle pour l’Amérique. Il ne faut cependant pas perdre de vue que les records actuels sont en grande partie imputables à des allégements fiscaux. Un ralentissement de l’activité économique sur le continent se profile pour l’année prochaine. Les premiers signes se manifestent dans le marché de l’immobilier et l’activité de construction connexe, ainsi que dans le comportement des consommateurs, en ce qui concerne notamment les achats de voitures. Bien que ce facteur soit actuellement jugé secondaire, le taux d’endettement de l’État, des entreprises et des particuliers s’accélère et soulèvera bientôt à nouveau certaines questions. 

Le coup de frein que la Fed sera bientôt contrainte de donner
pourrait apaiser les craintes relatives aux taux d’intérêt.

Les flux d’argent à destination et au départ des marchés émergents sont extrêmement sensibles à l’évolution des attentes relatives au dollar et aux taux d’intérêt aux États-Unis. La solidité actuelle du dollar ne saurait durer. Au vu des signaux d’un ralentissement qui commencent à pointer, la banque centrale américaine sera bientôt contrainte de donner un coup de frein, ce qui pourrait apaiser les craintes relatives aux taux d’intérêt. Ce serait une bonne nouvelle pour les marchés émergents et leurs devises. 

Cette perspective ne suffit toutefois pas pour que les annonces récentes sur l’adoption de mesures de stimulation supplémentaires en Chine puissent être perçues sous un jour positif. La Chine a sous le coude un arsenal assez puissant pour contrer une intensification de la crise économique. Ce n’est pas seulement important pour le pays lui-même, mais aussi et surtout pour l’économie domestique asiatique. 

Opportunités à saisir à la faveur de la correction

Sur les marchés des actions de plusieurs pays émergents, les valorisations ne sont pas très éloignées des niveaux plancher de 2015, alors que la hausse des bénéfices, en monnaie locale, est appréciable. Nous accordons notre préférence à la région asiatique. Beaucoup d’éléments négatifs ont été pris en considération, beaucoup de capitaux ont disparu. Le moment est opportun pour passer à la vitesse supérieure. 

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