Une hausse de taxe mal venue au Japon

Marc Brütsch, Swiss Life Asset Managers

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L’inflation augmentera sans doute de manière temporaire, mais sur une base très faible après la forte appréciation du yen.


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Alors même que le relèvement de la taxe sur la consommation de 2014 avait causé une crise économique et entamé la popularité du Premier ministre Shinzo Abe, une nouvelle augmentation de 8% à 10% est prévue pour le 1er octobre. Cette hausse tombe mal dans le contexte actuel de demande extérieure déprimée puisqu’elle affecte le principal soutien actuel de la croissance japonaise, à savoir la demande intérieure. On peut toutefois penser que les retombées seront un peu moins sévères cette fois-ci: le gouvernement a déjà fortement augmenté les dépenses budgétaires et exclu du relèvement de la taxe presque 20% du panier de l’indice des prix à la consommation, notamment des produits alimentaires. De même, le cycle d’investissement des entreprises, qui ne devraient pas souffrir de cette mesure, va globalement rester bien orienté. L’inflation augmentera sans doute de manière temporaire, mais sur une base très faible après la forte appréciation du yen. Nous pensons donc que la Banque du Japon conservera une politique monétaire très expansionniste.

En Chine, l’activité est au plus bas depuis l’entrée du pays
dans l’OMC en raison des retombées du conflit commercial.
Négociations commerciales en Chine

La projection de croissance chinoise du consensus pour 2020 est tombée à 5,9%. L’activité est au plus bas depuis l’entrée du pays dans l’OMC en raison des retombées du conflit commercial. Les exportations ont marqué le pas, plombées par les droits de douane et une demande mondiale atone. En outre, des indicateurs clés comme la production industrielle, la FBCF ou les ventes de détail ont progressivement ralenti. Les commandes à l’exportation du secteur manufacturier dénotent une faiblesse persistante. Octobre devrait relancer les pourparlers avec les Etats-Unis puisque les deux pays ont accepté de rouvrir les négociations. Si le gouvernement chinois est encore prudent en termes de mesures de relance, il est particulièrement préoccupé par l’effet du ralentissement sur les perspectives d’emploi des nouveaux diplômés. Autre problème majeur, les cours du porc ont bondi de 47% en un an. Or, en Chine, tout échec du gouvernement à préserver la population de la hausse du coût de la vie tend habituellement à remettre sa légitimité en cause.