Opportunités d’investissement obligataire dans un scénario «idéal»

Beat Thoma, Fisch Asset Management

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Le segment des obligations d’entreprise offre une bonne alternative aux investissements du marché monétaire.


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Depuis longtemps, l’évolution des marchés financiers est dictée dans une large mesure par les banques centrales. Les décisions actuelles des principales d’entre elles, aux Etats-Unis (Fed) et dans la zone euro (BCE), ont un impact manifeste: les obligations d’Etat des pays industrialisés n’offrent plus les revenus obligataires nécessaires. Pire, on n’a pu éviter d’en arriver à des rendements négatifs. A l’échelle mondiale, les obligations assorties d’un rendement négatif représentent désormais un volume impressionnant d’environ 13 milliards de dollars.

Une recherche intense de rendement hors des obligations à taux faibles ou négatifs

Tout cela ne signifie pas qu’il n’existe plus aucune opportunité sur les marchés obligataires. Toutefois, les investisseurs doivent se livrer à une recherche intense hors des obligations à taux faible ou négatif. L’environnement n’y est pas si défavorable, comme le devinent quelques investisseurs au regard de la dégradation des statistiques économiques. Pour le restant de l’année, les conditions devraient demeurer relativement stables et s’apparenter à ce que les anglophones désignent souvent par l’expression «scénario Goldilocks» (Conditions idéales).

Les entreprises des pays émergents sont plus solides
que celles des pays industrialisés.

En effet, la conjoncture est soutenue par les taux de politiques monétaires accommodantes pratiquées non seulement par les grandes banques centrales aux Etats-Unis, en Chine, au Japon et dans la zone euro, mais également par leurs homologues en Australie, en Nouvelle-Zélande ou en Indonésie. Dans ce contexte, les contre-mesures monétaires du cycle actuel sont adoptées beaucoup plus tôt que dans les phases précédentes de ralentissement économique. La consommation chinoise est toujours vigoureuse, ce qui soutient l’économie du pays tout en ayant des effets positifs dans l’ensemble du monde.

Les obligations d’entreprise, une bonne alternative aux investissements du marché monétaire

Dans cet environnement tout à fait favorable, le segment des obligations d’entreprise offre une bonne alternative aux investissements du marché monétaire. C’est en particulier le cas des marchés émergents, dont le coupon élevé constitue un rendement avantageux par rapport aux obligations d’Etat. Du côté des fondamentaux, les entreprises des pays émergents sont même plus solides que celles des pays industrialisés, notamment en termes de ratio de dette nette sur Ebitda.

Celui-ci est un facteur extrêmement important pour les investisseurs souhaitant évaluer le risque et la solidité d’une entreprise. Au cours de l’année écoulée, l’écart entre les ratios dette nette/Ebitda des entreprises américaines et émergentes s’est creusé au profit de ces dernières. Un investisseur effectuant un investissement comparable en termes d’indicateur de risque perçoit un rendement plus important lorsqu’il est exposé à une entreprise des marchés émergents que lorsqu’il investit dans l’obligation d’une entreprise dans un pays industrialisé.

Les entreprises basées dans les pays dits «frontières» versent
des coupons importants proches de 10%, voire parfois supérieurs.
Les marchés «frontières» représentent un complément intéressant

Au sein du segment des actifs émergents, les obligations d’entreprise des marchés «frontières» sont très intéressantes, car elles offrent actuellement un rendement encore plus élevé en proportion d’un risque également plus élevé. En principe, ces émetteurs se caractérisent par le fait qu’ils proviennent d’économies et de marchés financiers moins développés, par l’absence ou presque d’émissions existantes en devise forte, par des volumes d’émission plus réduits et par des ratings plus faibles. Le Togo, l’Equateur ou encore la Moldavie font partie des nombreux pays dont des émetteurs privés ont intégré récemment l’univers de l’indice de référence des obligations d’entreprise. La classe d’actifs gagne autant en profondeur qu’en ampleur et offre aux investisseurs de nouvelles opportunités d’obtenir des rendements plus élevés sur un marché où les revenus s’amenuisent. Les entreprises basées dans les pays dits «frontières» versent des coupons importants proches de 10%, voire parfois supérieurs, procurant ainsi une source bienvenue de revenus dans un portefeuille bien diversifié.

Des obligations convertibles et High Yield offrant d’intéressantes opportunités de revenu

Les obligations High Yield offrent encore des opportunités de revenu intéressantes. Même si ces titres présentent un potentiel d’appréciation limité, en raison du stade avancé du cycle, ils continuent de générer un surcroît de rendement bienvenu par rapport aux investissements du marché monétaire. Par ailleurs, nous sommes toujours positifs sur les actions. Certes, les investisseurs doivent s’attendre à plus de volatilité que pendant les dix dernières années, mais le potentiel d’appréciation des actions est d’environ 5% pour une année «ordinaire». Et pour les investisseurs en actions recherchant davantage de sécurité, les obligations convertibles constituent selon nous un bon compromis. A moyen terme, l’environnement des marchés des actions et du crédit devrait également rester favorable du point de vue des fondamentaux. Un répit temporaire sur les marchés pourrait offrir une opportunité avantageuse de renforcer ou d’arbitrer les positions. Il conviendra cependant de rester attentif au conflit commercial qui couve en arrière-plan, car une escalade pourrait faire dérailler le scénario «Goldilocks».