Migros Genève investit dans le change de devises en ligne

Salima Barragan

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L’alliance stratégique va accroître la crédibilité et la visibilité de la fintech genevoise b-sharpe dirigée par Jean-Marc Sabet (photo, centre).


Didier Eicher, directeur du développement Migros Genève / Jean-Marc Sabet, CEO & fondateur b-sharpe / Philippe Echenard, directeur général Migros Genève

Ancrage local, politique de prix avantageux: c’est sur la base de valeurs communes que Migros Genève est entrée dans le capital de la plateforme de change en ligne genevoise b-sharpe. En plus de son réseau genevois de bureau de change, la coopérative proposera également à ses clients la possibilité d’effectuer leurs opérations de change en ligne aux taux préférentiels de b-sharpe.

Une tradition genevoise

Genève est le seul canton où la coopérative Migros dispose d’un réseau de bureaux de change. En 2018, ses activités de change sur devises ont totalisé 1,5 millions de transactions. La coopérative ne dévoile pas le volume total de ces opérations mais déclare qu’une grande partie de ses clients sont demandeurs de services en ligne. «En nous alliant avec une société compétente, nous gagnons plusieurs années», déclare Didier Eicher, directeur du développement Migros Genève. La clientèle pourra effectuer toutes ses opérations de changes via un compte utilisateur crée gratuitement en moins de dix minutes auprès de b-sharpe.

«Alors que les acteurs de la place prennent 1,7% de marge,
nous n’en prenons que 0,5%.»

La fintech genevoise propose des transactions de change à prix concurrentiel. «Alors que les acteurs de la place prennent 1,7% de marge, nous n’en prenons que 0,5% sur les petites transactions et le taux appliqué est dégressif. Nous arrivons à 10 points de base sur une transaction importante», explique Jean-Marc Sabet, CEO de b-sharpe et ancien d’UBS qui a fondé sa société dans le but de se battre contre les marges des banques. En 2015, suite à l’abandon du taux plancher, la startup genevoise connait un vif succès avec les développements des transactions frontalières. «Les frontaliers peuvent faire envoyer leur salaire par leur employeur directement sur le compte que nous leur transmettons à l’ouverture. A réception, nous le changeons en euro avec une marge 3 fois plus basse que celle des établissements financiers traditionnels», poursuit-il. «Sous cette forme, l’économie réalisée par nos clients frontaliers est double, puisqu’en plus, ils n’ont plus de frais de compte bancaires à payer en Suisse.»

Un volume d’affaire de la paire euro-franc

b-sharpe traite 20 devises différentes, y compris des devises exotiques. Mais la paire euro-franc représente une grosse part de son chiffre d’affaire de 360 millions de francs suisse. Et pour cause, le marché représente 300'000 frontaliers et 600’000 PME traitant avec l’étranger. Son partenariat stratégique avec la coopérative Migros lui ouvrira également les marchés tessinois et suisse alémanique. La fintech, est régulée par l’OAR-G et soumise à la Finma. A terme, elle compte mettre en place des possibilités de paiement pour payer via des IBAN européens.