Le risque de récession se dissipe lentement

Fabrizio Quirighetti, DECALIA

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L'activité manufacturière mondiale montre de timides signes de stabilisation. La probabilité d’un scénario extrême de récession a diminué.

Thanksgiving est encore dans l’air, tant les investisseurs ont de raisons d'être reconnaissants cette année. Les bourses atteignent des records, la courbe des taux américains n'est plus inversée et l'économie continue de croître, tirée surtout par la consommation. La saison de résultats a rassuré et de timides signes de stabilisation de l’activité manufacturière pointent même le bout de leur nez. La probabilité d’un scénario extrême de récession a donc considérablement diminué depuis début octobre et il ne manque dorénavant qu’un seul ingrédient pour un rallye de fin d'année : un progrès concret sur le front commercial. L’accord sino-américain supposé imminent n'a pas encore été signé, malgré des avancées modestes, la bonne volonté apparente des deux parties et des assurances répétées que les négociations sont en bonne voie. Mais nous restons confiants que cet accord de phase-1, abordant les sujets les plus «faciles», pourra être conclu.

Dans ce contexte, nous maintenons un scénario économique constructif, anticipant une poursuite des signes tangibles d'amélioration manufacturière, conjointement à une désescalade du différend commercial. Cela dit, nous reconnaissons que les multiples actuels des marchés actions laissent peu de place – sur le court terme – à des déceptions de croissance ou des perturbations géopolitiques majeures. L'indice S&P 500 se négocie à près de 18x les bénéfices de l’année prochaine, au-dessus des moyennes sur 5 et 10 ans. Beaucoup de bonnes nouvelles semblent donc déjà intégrées dans les prix. A plus long terme cependant, par rapport aux obligations dont les valorisations sont bien plus exagérées, les actions demeurent un choix privilégié.

Nous restons constructifs avec un positionnement tout-terrain.

Au sein des portefeuilles, notre vue prudemment constructive se traduit par un positionnement tout-terrain: maintien d’une allocation neutre en actions avec quelques protections (options de vente). Les politiques accommodantes des grandes banques centrales, des indicateurs économiques en meilleure forme, un risque limité de baisse sur les attentes bénéficiaires et des valorisations encore correctes – surtout vis-à-vis des obligations – devraient soutenir les bourses (malgré le positionnement aujourd’hui plus complaisant des investisseurs). Ainsi, nous avons réduit notre biais en faveur des actions de qualité et de croissance, revenant à un positionnement plus équilibré. A court terme, une meilleure dynamique conjoncturelle devrait profiter davantage aux titres de valeurs et aux secteurs cycliques – d’où aussi notre regain d’intérêt pour les actions européennes. 

S’agissant des obligations, nous restons sous-pondérés, tant en termes d'allocation que de duration, et conservons une approche de type barbell, conjuguant une exposition aux segments liquides défensifs (bons du Trésor américain surtout) avec des obligations émergentes (pour le portage) et des titres à rendement élevé de court terme. Les obligations en EUR nous semblent toujours à risque d'une reprise, même modeste, de la croissance mondiale.

Enfin, les valeurs «refuge» que sont l'or, les bons du Trésor ou le yen aident toujours à diversifier les risques. Vu l’embellie conjoncturelle en cours, nous avons tactiquement abaissé l'or, d'une légère surpondération à un positionnement neutre.

Dépenses et confiance des consommateurs américains

Rendement moyen des dividendes sur les actions européennes et rendement à maturité des obligations en euros