La Fintech suisse va manquer d’informaticiens

David Pivoda, UNE®

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La pénurie d’informaticiens qui se profile à l’horizon 2026 est particulièrement préoccupante pour le secteur financier.

Durant les dix dernières années, la digitalisation de la finance s’est considérablement accélérée. Le développement rapide des cryptomonnaies et l’apparition de la blockchain ont remis en question l’ordre établi. Les acteurs du domaine des nouvelles technologies, par exemple Facebook et sa monnaie virtuelle Libra, entrent en concurrence directe avec les établissements financiers et bancaires traditionnels. La décision récente de la FINMA d’octroyer une licence bancaire à Seba et Sygnum, deux entreprises suisses actives dans les cryptomonnaies, est révélatrice de ce changement de paradigme1.

L'apparition et le développement de conseillers robotisés dès la crise financière de 2008 est un autre exemple frappant de l’évolution des technologies financières. Aujourd'hui, on ne remet plus en doute leur réactivité et leur efficacité qui sont deux atouts de taille pour les sociétés qui disposent de ressources en personnel limitées.

La gestion d’un compte bancaire directement
depuis un smartphone est devenue la norme.

Plus récemment, l’apparition des néo-banques, comme Revolut ou N26, a forcé les acteurs historiques du secteur à réagir. Crédit Suisse a par exemple décidé d’investir des centaines de millions pour moderniser ses services d’ici 20212. Ces dernières années, la gestion d’un compte bancaire et des transferts monétaires directement depuis un smartphone est devenue la norme pour la plupart des clients. Selon une enquête de la BNS, la moitié des banques prévoient par ailleurs une numérisation complète des hypothèques dans un avenir proche3.

Des solutions sur mesure

Malgré une demande en forte augmentation, les professionnels du digital restent rares sur le marché : les filières forment encore trop peu de candidats et les profils qualifiés sont difficiles à trouver. ICT-Formation professionnelle Suisse a estimé l’année dernière qu'il manquera 40'000 informaticiens en Suisse d’ici 20264. Autre difficulté, les services de ressources humaines ou les sociétés de recrutement peinent parfois à bien identifier les besoins des entreprises dans ce domaine très pointu. Il est par ailleurs bien difficile d'évaluer les compétences métiers de candidats actifs dans ces postes très techniques.

Il faut espérer que les filières suisses de formation puissent
rapidement remédier à la pénurie de main d'œuvre qualifiée.

Ce contexte tendu fait émerger des opportunités de marché et de nouveaux acteurs du recrutement se profilent autour d'une promesse : recruter des experts digitaux par des experts digitaux. L’idée est de proposer un processus de recrutement personnalisé grâce à une connaissance approfondie du développement web, de la transformation numérique ou de l’analyse de données. Il faut avoir la capacité de comprendre rapidement les besoins des entreprises et de sélectionner les meilleurs profils parmi 54 métiers, du data analyst au développeur front-end, car la pénurie d’informaticiens dans les années à venir va rendre cette démarche incontournable. Un large réseau de contacts en Suisse, notamment dans les écoles polytechniques, et en Europe permet d’élargir considérablement le champ de recherche pour trouver des candidats pour ces postes très bien rémunérés.

Si les entreprises leaders de la finance doivent impérativement intégrer ces nouvelles compétences, il faut espérer que les filières suisses de formation puissent rapidement remédier à cette pénurie de main d'œuvre qualifiée.