La confiance règne en France

Marc Brütsch, Swiss Life Asset Managers

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La tension du marché du travail devrait entraîner une hausse des salaires en 2020.


© Keystone

D’après le quotidien économique français Les Echos, la France ferait partie des bénéficiaires de la réorientation des échanges due au conflit commercial sino-américain. Au cours des six premiers mois de 2019, la France a pu augmenter d’environ 15% ses exportations à la fois vers la Chine et vers les Etats-Unis par rapport au premier semestre 2018. Au contraire de l’Allemagne voisine, le moral des entreprises du secteur manufacturier et de la construction s’améliore depuis le début du troisième trimestre. Les ménages sont également optimistes quant à l’évolution des tendances économiques. L’enquête sur le moral des ménages menée par l’INSEE montre une érosion nette du nombre de sondés redoutant de perdre leur emploi au cours des 12 prochains mois. Les réformes du marché du travail commencent à porter leurs fruits, comme l’atteste aussi la hausse du nombre d’investisseurs étrangers envisageant de faire des affaires en France. Dans la finance, le retour des salariés londoniens pour cause de Brexit crée des emplois, tout comme les grands projets d’infrastructures de transports publics autour de Paris. Contrairement à son voisin allemand, le gouvernement français veut utiliser au maximum sa marge de manœuvre budgétaire dans la limite de déficit des critères de Maastricht.

L’inflation totale annuelle devrait remonter provisoirement
autour de 2% d’ici au premier trimestre 2019.

Nous n’avons pas eu besoin de modifier nos prévisions d’inflation ce mois-ci. Notre projection pour 2020 dépasse toujours un peu le consensus car nous pensons que la bonne tenue de l’activité intérieure permet aux entreprises d’augmenter modérément leurs prix si elles le souhaitent. La tension du marché du travail devrait entraîner une hausse des salaires en 2020. En raison de l’effet de base de la baisse des prix du pétrole fin 2018, l’inflation totale annuelle devrait remonter provisoirement autour de 2% d’ici au premier trimestre 2019.

Récession technique probable en Allemagne

Notre modèle simple d’évaluation des dynamiques du PIB pour le trimestre en cours annonce un décrochement de 0,1% au troisième trimestre. Si tel est le cas, l’Allemagne sera en récession technique. Les modèles économétriques ont certes leurs limites et le nôtre ne peut expliquer que la moitié de la variation du PIB réel allemand en trois mois, mais nous pouvons dire que la probabilité de récession technique dépasse aujourd’hui 50%. Ce qui ressemblait à une crise temporaire de l’industrie automobile allemande est en train de se propager aux autres secteurs. Les résultats de l’enquête IFO font état d’une nette dégradation du moral des entreprises de certaines branches des services entre avril et août. Dans le fret, les prévisions d’évolution de l’activité à six mois n’ont jamais été aussi pessimistes depuis mai 2009, lorsque l’économie mondiale sortait péniblement de la grande récession. Entre-temps, les entreprises allemandes s’adaptent. Les surcapacités manufacturières ont été réduites et l’enquête IFO montre qu’une majorité d’industriels prévoient de réduire les effectifs au cours des trois prochains mois. Nous devrions nous attendre en conséquence à davantage d’annonces de chômage partiel par les employeurs et à une augmentation du taux de chômage ces prochains mois.

Nous avons légèrement réduit nos prévisions d’inflation suite aux chiffres modérés publiés en août. L’effet de base des prix de l’énergie en dents de scie de l’an dernier laisse prévoir un ralentissement supplémentaire de l’inflation annuelle à 0,8% jusqu’en octobre, avant un rebond temporaire à 2,3% au premier trimestre 2020. Si les fluctuations passées des cours de l’or noir expliquent la volatilité des chiffres de l’inflation pour les prochains mois, la prime de risque accrue qui pèse sur le pétrole suite à l’attaque des sites pétroliers saoudiens pourrait tirer nos prévisions à la hausse.