Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage

Igor de Maack, DNCA

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A l'aune d'une correction du marché obligataire, sorties massives et écartement des spreads de crédit, le long voyage de la rotation value a démarré.

 

Comme dans tout long voyage, il y aura des imprévus. Comme dans tout long voyage, il y aura des tempêtes et de la houle. Dans un marché pétrifié par des baisses journalières de 3 à 4% des bourses américaines, les secteurs Telecom et Banques européens ont enregistré leur meilleure surperformance relative depuis bien longtemps. Pour l’instant, cela ne se perçoit pas véritablement car les performances demeurent négatives en absolu et les marchés toujours baissiers. Nos dernières rencontres avec le management de deux sociétés françaises de renom, Total et Crédit Agricole, ne donnent pas de raison ni de croire au scénario du pire, ni de lâcher prise sur des cas d’investissement faiblement valorisés et dont la solidité financière n’est plus à démontrer. La capitulation de certains offre des opportunités d'achat pour d'autres. 

La férocité du discours de Donald Trump face à la Chine, mais aussi face à la Fed,
provoque un sentiment de panique parfois surdimensionné.

Les tensions récentes sur les taux provoquent une prise de conscience salutaire sur des niveaux de valorisation trop généreux. Corollaire inéluctable, elles entraînent aussi une forte hausse de la volatilité. La valeur iconique du luxe mondiale, LVMH, a même chuté malgré des résultats qui semblaient en ligne. La férocité du discours de Donald Trump face à la Chine, mais aussi face à la Fed, provoque un sentiment de panique parfois surdimensionné. Comme Ulysse, après avoir vaincu les Troyens et qui a dérivé en mer Méditerranée pour retrouver son royaume d'Ithaque et son épouse Pénélope, le gérant value européen erre sur les flots d'un océan de sous-performance depuis dix ans. Il a su repousser les tentations multiples des sirènes de la «super-croissance». Il n'a pas été dévoré par le cyclope des actions américaines et leur insolente surperformance. Aux termes de cette odyssée tragique, le gérant value, un peu mohican mais toujours survivant, est peut-être en train de retrouver ses lettres de noblesse dans ce tumulte homérique… dans un marché qui baisse, certes, mais c'est déjà un début. Espérons que la comparaison avec l'œuvre d'Homère ne se transforme pas pour lui en une mortelle chimère.

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