Marchés émergents: réagir plus vite grâce aux ETF

Yves Hulmann

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Franklin Templeton propose de nouveaux fonds indiciels cotés dédiés à des pays spécifiques. But: avoir plus souplesse dans sa stratégie.


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Investir dans les pays émergents nécessite d’avoir à la fois des connaissances pointues de ces marchés et une bonne capacité de réaction. Compte tenu de la volatilité importante observée sur les marchés émergents, les fonds indiciels (ETF, ou «exchange traded funds») ont l’avantage d’apporter une certaine diversification et ils permettent d’entrer et de sortir rapidement de cette classe d’actifs en fonction de l’évolution des conditions des marchés.

Schématiquement, les fonds indiciels cotés peuvent être classés en deux catégories – d’une part, les produits purement passifs et, d’autre part, ceux de type «smart beta», rappelle Marcus Weyerer, senior ETF specialist chez Franklin Templeton. S’agissant de la première catégorie, il s’agit d’ETF qui visent à répliquer au plus près la performance des indices utilisant la capitalisation des entreprises. Ils sont proposés à des tarifs très bas, parfois inférieurs à 10 points de base, en ce qui concerne les marchés développés. Les ETF portant sur les marchés émergents restent, eux, encore un peu plus chers.

Les meilleures et plus mauvaises performances
se succèdent parfois rapidement.
«Incroyable rotation» parmi les marchés émergents

Outre des ETF diversifiés portant sur l’ensemble des marchés émergents, Franklin Templeton propose désormais aussi des ETF spécifiques permettant d’accéder à différents marchés émergents comme la Corée du Sud, la Chine, l’Inde ou le Brésil à des tarifs très compétitifs allant de 9 à 19 points de base. «A l’aide de ces ETF, il est possible d’adapter rapidement son allocation d’actifs en fonction de l’évolution des marchés», souligne le spécialiste. Un atout non négligeable dans certaines situations, notamment lorsqu’un indice d’un pays donné a subi une forte correction. Les meilleures et plus mauvaises performances se succèdent parfois rapidement. En 2017, la Chine affichait ainsi la meilleure performance parmi tous les pays émergents (+43,5%) tandis qu’en 2018, c’était le contraire (-18%), cite le spécialiste à titre d’exemple. «En termes de performance, on observe une incroyable rotation parmi les marchés émergents. C’est pourquoi, il est utile de pouvoir adapter rapidement son portefeuille», ajoute-t-il - même s’il n’encourage pas les non spécialistes à essayer de jouer le timing avec les marchés émergents.

Les marchés émergents restent sous-représentés dans les portefeuilles

Pourquoi investir dans les marchés émergents? En ce qui concerne le plus important d’entre eux, la Chine, le ralentissement de la croissance dans l’Empire du Milieu devrait plutôt décourager à y investir, pourrait-on à priori penser. Un argument relativisé par Marcus Weyerer qui souligne que le ralentissement en cours (ndlr: le PIB chinois a crû de 6,2% au deuxième trimestre 2019 sur un an) de la Chine s’inscrit dans un processus de transformation de longue durée de l’économie chinoise – qui est en train de passer d’une nation d’exportation à une société de consommation. «A long terme, cette évolution est positive pour l’économie chinoise car celle-ci sera moins sujette aux tensions commerciales avec les Etats-Unis ou à de fortes variations du commerce international», met-il en perspective. Située à plus de 35% en 2005, la part des exportations dans le PIB de la Chine a diminué à moins de 20% ces dernières années. En outre, la croissance moindre observée du PIB en Chine (attendue à 6,2% en 2019, contre 6,6% en 2018) correspond à un recul de 0,4% en comparaison annuelle, soit une variation de même ampleur qu’aux Etats-Unis (qui devrait passer de 2,9% en 2018 à 2,5% en 2019).

Dans de nombreux marchés émergents, il n’est pas rare que certaines sociétés
représentent à elles seules jusqu’à plus du quart de l’indice.

Autre marché émergent clé, le Brésil: les perspectives pour la première économie de l’Amérique latine sont, d’un point de vue économique, plus favorables qu’il y a un an. Plus fondamentalement, les marchés émergents – Chine et Inde en tête – restent largement sous-représentés dans les portefeuilles actions mondiaux en comparaison de leur poids réel dans le PIB mondial.

Moins de risques avec les fonds «smart beta»

Pour les investisseurs qui souhaitent tirer parti du développement des pays émergents, tout en bénéficiant de certains garde-fous, il est aussi possible d’opter pour des ETF de type « smart beta » qui ont l’avantage de limiter l’exposition à certains titres individuels, en modifiant leur pondération par rapport à l’indice de référence. Dans de nombreux marchés émergents, y compris dans des pays avancés comme la Corée du Sud, il n’est en effet pas rare que certaines sociétés, comme Samsung, représentent à elles seules jusqu’à plus du quart de l’indice.

Pour remédier à ce problème, le fonds indiciel coté largement diversifié LibertyQ Emerging Markets UCITS ETF de Franklin Templeton limite, par exemple, à un maximum de 1% l’exposition à des titres individuels. Les produits de la gamme LibertyQ ont un caractère d’autant plus défensif du fait qu’ils surpondèrent largement le facteur «qualité» à hauteur de 50%, bien avant d’autres facteurs tels que «valeur» (30%), «momentum» (10%) et «faible volatilité» (10%). «Les ETF purement passifs sont appropriés pour les investisseurs qui veulent jouer le timing ou ceux qui souhaitent pouvoir réagir rapidement. Les ETF de type smart beta sont, eux, mieux adaptés pour suivre des tendances sur le long terme, compte tenu de leur caractère défensif», résume-t-il.

L’approche factorielle contribue à limiter les pertes en cas de correction

Ce caractère défensif a pu se vérifier dans le cas de l’indice LibertyQ Emerging Markets. En mai dernier, lorsque les marchés ont corrigé, l’indice n’a perdu que 3,71%, comparé à un recul de 7,26% pour l’indice de référence MSCI Emerging Markets. Même chose en 2018, année de forte correction sur les marchés, durant laquelle l’indice LibertyQ Emerging Markets s’est replié de 11,17% comparé à une baisse de 14,57% pour le MSCI Emerging Markets. En revanche, en 2017, la performance du premier indice (+28,9%) a été inférieure à celle du second (37,3%). Mais en limitant les pertes durant les phases de forte baisse, cette façon d’investir permet de mieux rebondir et, généralement, d’obtenir une meilleure performance sur le long terme.