Richemont: des résultats semestriels en demi-teinte

AWP

2 minutes de lecture

Le chiffre d’affaires a progressé grâce à la joaillerie et à la vente en ligne tandis que la rentabilité a reculé. Le marché hongkongais a plombé l'action.

Le groupe de luxe Richemont, propriétaire de Cartier, a enregistré au premier semestre des résultats contrastés, imputables notamment à Hong Kong. Les ventes ont progressé grâce à la joaillerie et à la vente en ligne tandis que la rentabilité a reculé. Le titre a été sanctionné après l’annonce de ces chiffres.

D’avril à septembre, les recettes se sont étoffées de 9% à 7,40 milliards d’euros, avec une hausse de 6% hors effets de change, a indiqué vendredi le groupe dans un communiqué.

Hong Kong a accusé un repli à deux chiffres en raison des manifestations dans l’ancienne colonie britannique. Les recettes qui sont générées dans le premier marché d’exportation de l’industrie horlogère suisse ont reculé à 8% des ventes totales du groupe genevois, contre 11% précédemment, a précisé le directeur financier Burkhart Grund lors d’une téléconférence.

En revanche la Chine continentale, la Corée du Sud, le Japon et le Royaume-Uni ont soutenu la croissance.

L’Asie-Pacifique, région la plus importante générant 37% des ventes totales, a crû de 5% en monnaies locales, impactée par Hong Kong. En dehors de cette région, tous les canaux de distribution ont connu une amélioration en particulier au niveau des maisons joaillières et la vente en ligne.

En Europe, les ventes ont pris 7%, amenées par le Royaume-Uni tandis que la Suisse et la France sont en repli en raison de la baisse du nombre de touristes, notamment chinois. La hausse des ventes dans les boutiques des marques du groupe a compensé le repli des recettes via des détaillants externes, marquées par une gestion rigoureuse des stocks.

Le Vieux Continent représente 30% des ventes du groupe.

Les Amériques, conduites par les Etats-Unis, ont augmenté de 6% grâce à la vente en ligne.

Rentabilité en repli

Le bénéfice opérationnel (Ebit) a augmenté de 3% à 1,17 milliard, tandis que la marge afférente a diminué à 15,7%, contre 16,6% il y a un an.

Le bénéfice net s’est par contre affaissé de 61% à 869 millions d’euros. L’an passé, sur la première moitié de l’exercice, les résultats avaient été dopés par un gain exceptionnel de 1,3 milliard lié à une réévaluation de la participation dans Yoox-Net-à-Porter, la filiale de distribution en ligne, que le groupe avait intégralement racheté.

Hors éléments exceptionnels, le bénéfice est resté «globalement stable», a affirmé Richemont.

Les résultats du premier semestre de l’exercice décalé 2019/2020 sont inférieurs dans leur ensemble au consensus AWP. Même en tenant compte de l’effet unique lié au bénéfice net, les analystes interrogés anticipaient en moyenne un profit de 948 millions d’euros.

Par catégorie de produits, le chiffre d’affaires de la division horlogerie a avancé de 1% à 1,6 milliard grâce aux boutiques des marques horlogères du groupe dont IWC, JaegerLeCoultre et Piaget. Les recettes du secteur engrangées via des détaillants ont par contre reculé. La marge opérationnelle a par ailleurs diminué à 18,1% contre 33,8% précédemment.

Les horlogers Panerai, Lange & Söhne et Vacheron Constantin ont enregistré les meilleures performances durant la période sous revue, a souligné Richemont. Le Japon pour sa part s’est illustré dans la vente de garde-temps.

Les recettes de la joaillerie, comprenant Van Cleef et Cartier ont également avancé de 8% à 3,7 milliards, tandis que la marge opérationnelle s’est repliée à 32,6% contre 33,8%.

La croissance organique - hors ventes en ligne - n’a curieusement ralenti qu’à 2%, relève Patrik Schwendimann de la Banque cantonale de Zurich (ZKB). L’analyste signale qu’en raison de la faible base de comparaison, le consensus anticipait le maintien du rythme de croissance, malgré les remous à Hong Kong.

Alors que les ventes organiques n’ont manqué que de peu le coche, la marge opérationnelle (Ebit), plombée par les activités de distribution en ligne, s’est avérée nettement inférieure à la moyenne des projections, écrit René Weber de la banque Vontobel. L’expert va revoir à la baisse d’environ 5% ses estimations de bénéfice par action (BPA) mais campe sur sa recommandation d’achat du titre (buy).

Le titre a été pénalisé sur l’ensemble de la séance, finissant au fond de l’indice vedette. L’action Richemont a clôturé en forte baisse de 5,7% à 74,68 francs, alors que le SMI a terminé sur une baisse modérée de 0,17%.