Matières premières: l’étain au plus bas en trois ans

AWP

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L’or reste stable vendredi, en attente du discours de Jerome Powell. Le café subit une récolte décevante au Brésil.

L’or a baissé sur la semaine, pénalisé par les espoirs de mesures de stimulations économiques et par le renforcement du dollar.

Cependant, le métal jaune restait stable sur la journée de vendredi, en attente du discours plus tard dans la journée de Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine.

«S’il adopte une position plus accommodante et renforce ainsi la possibilité d’une baisse des taux en septembre, l’or pourrait rebondir au-delà des 1’500 dollars», a expliqué Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.

Les prix de l’or étant libellés en dollar, une chute de la valeur du billet vert fait généralement monter la demande d’or des investisseurs utilisant d’autres devises.

Pour M. Otunuga, malgré la baisse des cours observée sur la semaine, l’or ne devrait cependant pas baisser fortement tant que le marché redoute «les craintes de récession mondiale, les incertitudes commerciales et le Brexit, parmi d’autres facteurs de risque géopolitique».

Sur le London Bullion Market, l’once d’or valait 1.495,73 dollars vendredi vers 11H25, contre 1.513,78 dollars le vendredi précédent.

L’étain périclite

L’étain a chuté tout au long de la semaine, atteignant même un plus bas en trois ans.

Vendredi, le métal gris est tombé à 15.820 dollars la tonne, un niveau plus vu depuis mai 2016.

Selon Daniel Briesemann, analyste pour Commerzbank, «les réserves d’étain dans les entrepôts du London Metal Exchange ont bondi de 33% vendredi dernier».

«En termes absolus, c’est la plus grosse croissance des stocks depuis décembre 2008», a-t-il relevé, expliquant qu’une faible demande en serait à l’origine.

L’étain a aussi souffert du conflit commercial qui oppose le Japon et la Corée du Sud, «deux des plus gros consommateurs d’étain au monde», a continué M. Briesemann.

Les relations entre Tokyo et Séoul, plombées depuis des décennies par des contentieux hérités de l’époque où la péninsule était une colonie nippone (1910-1945), se sont tendues ces dernières semaines après que des tribunaux sud-coréens ont exigé d’entreprises japonaises qu’elles dédommagent des Sud-Coréens qui avaient été forcés de travailler dans leurs usines.

Tokyo a riposté le 2 août en décidant de rayer la Corée du Sud d’une liste d’États bénéficiant d’un traitement de faveur, mesure perçue comme une sanction par Séoul qui a répliqué aussitôt avec une radiation similaire.

Sur le LME, la tonne d’étain pour livraison dans trois mois s’échangeait à 15.965 dollars vendredi à 11H25 GMT, contre 16.820 dollars le vendredi précédent.

Le café brésilien déçoit

Le café a baissé cette semaine, l’arabica tombant même mardi à 93,40 cents la livre, un plus bas en trois mois, pénalisé notamment par une récolte abondante au Brésil.

Selon Michaela Kuhl, la récolte pour 2019/2020 s’est révélée être «moins bonne qu’espérée et plus basse que la récolte record de l’année dernière, mais elle reste cependant très élevée».

De plus, «la baisse du Réal brésilien à un plus bas en trois mois face au dollar a aidé à plomber le prix de l’arabica», a ajouté l’analyste.

Jeudi, la monnaie brésilienne est tombé à 4,0809 réais pour un dollar, un plus bas depuis la mi-mai.

Pour le marché du café, cela signifie que les producteurs brésiliens reçoivent plus de réais pour le même prix en dollars, et sont donc prêts à accepter des cours plus bas.

Quant au robusta, «les prix se sont mieux maintenus que l’arabica grâce à la météo vietnamienne et à des prévisions météo plus sèches en Indonésie», a relevé Jack Scoville, analyste chez Price Futures Group.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de ROBUSTA pour livraison en septembre valait 1.287 dollars vendredi à 11H25 GMT, contre 1.316 dollars le vendredi précédent à 11H25 GMT. Sur l’ICE Futures US de New York, la livre d’ARABICA pour livraison en décembre valait 97 cents, contre 97,90 cents sept jours auparavant.