La Banque de France inquiète de l'endettement des grands groupes français

AWP

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Le recours croissant à l’endettement des grands groupes français pour financer leur activité en profitant de taux d’intérêt très bas comporte des risques à moyen terme, s’inquiète la Banque de France dans une note publiée jeudi.

«Les nouvelles dettes financières servent notamment à financer des opérations de croissance externe dont les revenus anticipés futurs peuvent s’avérer surévalués», estime la banque centrale.

En mars, l’agence de notation S&P avait déjà constaté dans une étude que la dette brute (comprenant les crédits distribués à l’intérieur d’un groupe) des entreprises françaises était passée en dix ans de 135% à 175% du produit intérieur brut.

Dans l’immédiat, «la chute du coût moyen de l’endettement crée un environnement favorable à cette stratégie» d’endettement mais «la capacité de remboursement se dégraderait nettement en cas de remontée des taux d’intérêt à moyen terme», met en garde la Banque de France.

Signe inquiétant, la rentabilité moyenne des capitaux de 177 groupes examinés entre 2016 et 2018 passe de 15,8% à 15%, et cette baisse serait encore plus forte si elle n’avait été amortie par des crédits meilleur marché, explique la note qui évalue à 2,3% la baisse de la rentabilité opérationnelle moyenne entre 2013 et 2018.

Par ailleurs ,le «coussin de liquidité» des grands groupes, c’est-à-dire le rapport entre la trésorerie mobilisable à court terme et les fonds propres, se contracte.

Côté positif, la Banque de France relève une amélioration depuis 2015 du taux de marge de ces groupes. «En 2017, il retrouve son niveau de 2008 et continue de progresser pour s’établir à 4,7% en 2018», détaille la note.

Toujours depuis 2015, le taux de marge global moyen progresse notamment dans l’industrie manufacturière, la construction, ainsi que l’information et la communication.