L’euro continue sa chute face au dollar, craintes économiques

AWP

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Vers 21h, l’euro perdait 0,28% face au billet vert, à 1,0844 dollar.

L’euro évoluait jeudi à son niveau le plus bas en presque trois ans face au dollar, la devise européenne étant plombée par le pessimisme entourant les perspectives économiques dans cette zone.

Vers 20H00 GMT (21H00 à Paris), l’euro perdait 0,28% face au billet vert, à 1,0844 dollar.

Après avoir débuté la séance européenne en légère hausse, la devise européenne a touché vers 15H20 GMT un nouveau plus bas depuis mai 2017, à 1,0834 dollar.

L’euro continuait d’être pénalisé par des données décevantes sur la production industrielle en zone euro publiées mercredi. Selon les chiffres d’Eurostat, la production industrielle a reculé de 2,1% en décembre 2019 au sein des pays de l’UE.

«Le fait que les données se réfèrent à la période précédant l’apparition du coronavirus signale que le pire est peut-être encore à venir pour les industries européennes», a commenté Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Jeudi, le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, a estimé que l’épidémie, qui a contaminé près de 60.000 personnes en Chine et fait au moins 1.355 morts, pourrait amputer la croissance française de 0,1 point de pourcentage en 2020.

Bruxelles a, pour sa part, maintenu à 1,2% ses prévisions de croissance pour 2020 et 2021 en zone euro mais a mis en garde contre les incertitudes liées au Brexit, aux tensions commerciales et désormais à l’épidémie de coronavirus, qui peuvent peser sur l’activité.

Le nombre de nouveaux cas de la maladie Covid-19 a bondi jeudi, suite à l’adoption d’une définition plus large des cas d’infection.

Pour l’euro, «la menace la plus proche vient d’Allemagne avec la publication du PIB au quatrième trimestre demain» vendredi, a expliqué Kit Juckes, analyste pour la Société Générale.

Depuis le début de l’année, la monnaie unique a particulièrement souffert face au dollar, perdant près de 3%.

La devise américaine était, de son côté, renforcée jeudi par les chiffres publiés par le département du Travail sur le nombre de demandeurs d’allocation-chômage, en légère hausse par rapport à la semaine précédente mais inférieurs aux prévisions des analystes.

Le billet vert profitait également de son statut de valeur refuge pour monter avec le bond des nouveaux cas de contamination liés au coronavirus.

La livre sterling, quant à elle, évoluait en forte hausse face aux autres principales devises, dopée par la démission surprise du ministre britannique des Finances.

Selon des analystes, le marché interprète ce départ comme un signe avant-coureur d’une importante relance budgétaire, bénéfique pour la croissance et donc pour la devise.

«Le remplacement de Sajid Javid par Rishi Sunak a ravivé l’optimisme que le nouveau ministre des Finances renforcerait les mesures de soutien fiscal dans le prochain budget britannique, attendu le 11 mars, ce qui relâcherait la pression sur la Banque d’Angleterre pour baisser les taux d’intérêt», indique Joe Manimbo, de Western Union.