La Bourse d’Oslo tient au Nasdaq, malgré la surenchère d’Euronext

AWP

2 minutes de lecture

L’opérateur boursier paneuropéen offre désormais 695 millions d’euros, contre 675 millions proposé par le rival américain.

Restant «fermement engagé» à finaliser l’acquisition de la Bourse d’Oslo, l’opérateur boursier paneuropéen Euronext a fait monter les enchères lundi face au Nasdaq, proposant 70 millions d’euros supplémentaires (79,3 millions de francs) pour s’offrir l’opérateur nordique, qui continue pourtant à préférer le giron américain.

Une semaine après avoir annoncé qu’il envisageait de surenchérir sur l’offre concurrente du Nasdaq, Euronext se dit désormais prêt à débourser 695 millions d’euros (788 millions de francs) pour absorber la Bourse d’Oslo, contre près de 675 millions d’euros proposés par le Nasdaq fin janvier.

A 158 couronnes norvégiennes (18,24 francs) par action, contre 145 couronnes précédemment, l’offre révisée d’Euronext représente une prime de 44% par rapport au cours de clôture d’Oslo Børs VPS au 17 décembre 2018, et dépasse de près de 4% celle annoncée par son concurrent américain, à 152 couronnes par action, soit une prime de 38%.

«Chaque actionnaire acceptant (l’offre) recevra également un versement d’intérêts sur le prix de l’offre révisée égal à 6% par an à partir de la date à laquelle les actionnaires ont accepté l’offre ou du 29 janvier 2019», précise Euronext.

L’opérateur, dont l’offre a été prolongée de quatre semaines, jusqu’au 11 mars, se dit «confiant dans le fait que l’opération pourrait être finalisée au cours du deuxième trimestre 2019».

L’argument financier risque pourtant de ne pas suffire à faire plier les instances dirigeantes de la Bourse d’Oslo, qui dès l’annonce de la nouvelle offre d’Euronext, ont réitéré leur soutien unanime au projet du Nasdaq, déjà propriétaire des autres Bourses nordiques et baltes.

«Notre recommandation et celle du conseil d’administration reste inchangée concernant le bon propriétaire stratégique», a déclaré à l’AFP la directrice de la place norvégienne, Bente Landsnes.

Même son de cloche du côté des deux principaux actionnaires de la Bourse d’Oslo, la banque DNB (20%) et le fonds de pension KLP (10%), qui se sont engagés de manière irrévocable en faveur de l’opérateur américain.

Argument financier insuffisant?

«Pour ce qui est des offres, plus que le prix, ce qui nous intéresse est ce qu’un propriétaire peut offrir au monde des affaires et nous soutenons par conséquent l’avis du conseil d’administration de la Bourse» d’Oslo, a déclaré à l’AFP le chef de KLP, Sverre Thornes, via ses services de communication.

«DNB a accepté une offre du Nasdaq et est liée à cette offre. L’offre d’Euronext aujourd’hui n’a par conséquent aucune conséquence concrète pour nous», a indiqué pour sa part le directeur de la communication de DNB, Thomas Midteide, dans un courriel à l’AFP.

Euronext, qui gère déjà les places de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne et Dublin, met pourtant en avant un «modèle décentralisé» qui «permettra à Oslo Børs VPS (holding de contrôle de la place norvégienne, NDLR) de préserver son empreinte locale, sa direction et son marché local dynamique, et de soutenir ses ambitions en tirant parti des atouts d’un groupe boursier européen agile».

De son côté, le Nasdaq a assuré lundi auprès de l’AFP rester «convaincu que le partenariat industriel entre le Nasdaq et Oslo Børs VPS offre une valeur supérieure aux clients, aux émetteurs, aux investisseurs et à la Bourse».

«En plus de s’associer avec Oslo Børs VPS pour créer un écosystème d’échanges pan-régional sur les marchés nordiques, la Nasdaq projette de collaborer étroitement avec Oslo Børs VPS pour élargir le marché des PME en Norvège», poursuit l’opérateur américain.

Ainsi, même si Euronext se prévaut du soutien irrévocable de 50,5% des actionnaires de la Bourse d’Oslo, en comptant les 5% déjà en sa possession, alors que seuls 35,11% ont à ce jour apporté leur appui à l’offre du Nasdaq, le dernier mot pourrait revenir aux autorités norvégiennes dont l’aval est indispensable pour toute prise de participation supérieure à 10%.

L’opérateur paneuropéen avait annoncé la veille de Noël, après avoir remporté des enchères initiées par certains actionnaires de la Bourse d’Oslo à l’insu des instances dirigeantes, son intention de racheter cette dernière.

Le 4 janvier, la Bourse d’Oslo a annoncé s’être mise en quête d’autres acteurs potentiellement intéressés et, une semaine plus tard, elle a fait état de plusieurs marques d’intérêt, sans dévoiler de noms.